Petit déjeuner 15 oct – Christopher Pratt

Christopher Pratt. Christopher est skipper professionnel depuis plus de 15 ans. Il a participé aux plus grandes courses au large : Solitaire du Figaro, Transat Jacques Vabre, Transat AG2R, Route du Rhum…

En pleine préparation de la prochaine Transat Jacques Vabre sur Charal Sailing Team, aux côtés de Jérémie Beyou (départ le 27 octobre !), Christopher a accepté d’être le grand témoin du petit déjeuner CONNECT RH. « Obtenir le meilleur d’un groupe hétérogène » en était le thème. Le cadre du Sky Center au sommet de la Tour La Marseillaise était là pour nous permettre de prendre de la hauteur, avec vue sur la mer bien évidemment.

En parallèle de son parcours sportif Christopher a cofondé Marsail. Marsail déploie une offre inédite d’accompagnement et de formation, la méthode Sail’up, en utilisant la voile comme outil pédagogique, et fondée sur l’expertise des meilleures écuries de course au large, issue de 10 années de recherche et expérimentation.

Tout ceci a nourri des échanges très riches : à Emmanuelle Germani (DRH/DSI de Kaporal), qui évoquait la difficulté de composer avec des individus qui n’ont pas le même langage, les mêmes compétences et n’appartiennent pas au même cœur de métier, Christopher a répondu par l’exemple de jeunes marins férus de nouvelles technologies face à des personnes plus expérimentées qui naviguent encore au sextant. Il s’agit alors de composer, de déterminer les forces et les limites de chacun pour en tirer les complémentarités.

« En France on reconnaît le talent, pas le travail»

Chloé Béron (Cofondatrice et Directrice artistique du CIAM) questionnait sur la difficulté de travailler en binôme : « à qui revient la faute s’il y a erreur ». Christopher parle de « droit à l’erreur ». Comme en entreprise pointer du doigt le coupable ne permet pas d’avancer, « tout le monde est dans le même bateau ». Pour Christopher un bon manager doit donner le bon exemple et savoir accompagner son équipe, « mettre en confiance », confrontant le style anglo-saxon dans lequel chacun a sa responsabilité et s’il se trompe il est pointé du doigt, à un style plus latin dans lequel la chaine de responsabilité fait que l’erreur de l’un pouvant provenir d’une mauvaise appréciation d’un autre, personne ne doit être particulièrement visé. Tous responsables, tous solidaires.

Amandine Deslandes (DG de Marsail) évoque l’humilité du manager comme du skipper. Ce dernier doit parfois admettre que des collaborateurs / équipiers peuvent en savoir plus que lui. Il doit aussi savoir, à partir du moment où il a délégué, laisser la personne accomplir sa tâche, quand bien même « il ne ferait pas comme ça », tant que le résultat est conforme aux attentes évidemment.

« En voile tu peux être le meilleur et pourtant ne pas gagner »

Christopher Pratt a aussi évoqué l’importance de la stabilité. Dans un premier scénario où chaque personne est bien à son poste, le bateau avance comme il faut car il y a de bons indicateurs et une bonne préparation amont. A contrario avec le même équipage, une décision mal prise ou une mauvaise définition des objectifs, peut entrainer une désorganisation complète. Peu importe le résultat, la tournure que prend la course, il faut savoir rester stable et focus sur le cadre défini.

Thierry Le Carpentier (DRH Ponant) questionnait Christopher sur le fait de savoir identifier les compétences de chacun dans de telles situations. Christopher nous parle notamment de jouer sur l’envie, de susciter celle-ci. Pour y parvenir le rôle du skipper ou du manager est notamment de simplifier l’environnement des personnes, d’arriver à donner à chacun la volonté et la possibilité de progresser.

Les parallèles avec le monde de l’entreprise apparaissent évidents à écouter Christopher avec une attention de RH. Il est aussi intéressant de constater que de grands marins ont mis en œuvre il y a bien longtemps des solutions managériales à la mode aujourd’hui. Il ne se passe pas une semaine sans que sur LinkedIn on puisse lire un article sur la découverte de la Bienveillance en entreprise par exemple.

L’environnement difficile, parfois dangereux, la promiscuité imposée (pas facile d’aller voir ailleurs en plein milieu de l’océan), la double nécessité d’être à la fois un pur spécialiste de son poste et en même temps de savoir en occuper d’autres, celle de devoir composer avec un équipage que l’on n’a pas forcément choisi mais dont on doit optimiser la performance, toutes ces questions ont permis d’aboutir aux conclusions présentées par Christopher.

De nombreuses autres questions ont été posées et Christopher s’est montré très disponible dans ses réponses, donnant un surcroit de convivialité aux échanges.

Au nom de tous les invités et de toute l’équipe CONNECT RH, un grand merci à Christopher Pratt et… bon vent. Nous te suivrons sur la Jacques Vabre, et au-delà.

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