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JOURNAL D’UNE APPRENTIE (étape 2)

STUPEUR ET ÉTONNEMENT 

« Nadège tu nous feras un rapport d’étonnement sur tes 2 premières semaines ». Un rapport de quoi ? d’étonnement ? oui bien sûr, aucun souci, c’est comme si c’était fait ! Vite, vite, Google dis-moi ce qu’est un rapport d’étonnement. 5 années d’études après le Bac et je ne sais pas ce qu’est un rapport d’étonnement. J’écris donc cet article en pensant à toutes les personnes qui se reconnaîtront dans cette «détresse», qui crient «Mayday, Mayday», ou celles qui y seront bientôt confrontées.

Toutes les entreprises ne demandent pas à leurs nouvelles recrues un rapport sur ce qui les a étonnées, surprises, interloquées, sidérées. Peut-être parce que toutes les vérités ne sont pas forcément bonnes à entendre : « vous m’aviez dit qu’il y avait une journée d’accueil ; c’est pas un open space, c’est la Gare Saint Charles aux heures de pointe ; où est la Porsche que vous m’aviez promise (bon OK, ça c’est dans mes rêves)? il fallait me prévenir que je dois porter un gilet pare-balles… ».

Forcément on doit prendre des pincettes, on ne peut pas se permettre de tout remettre en question à peine arrivé (sauf cas exceptionnels, je ne donnerais pas de nom). Un œil neuf, qui n’a pas encore été « pollué » par l’ambiance et l’organisation pourra apporter une vision franche et honnête de l’entreprise (bien qu’on se pose quand même la question « est-ce que je peux dire ça ? »).

Les sujets abordés sont variés : les relations humaines au sein de l’entreprise ou avec les clients, l’ambiance, les forces, les faiblesses, l’organisation, l’accueil, la hiérarchie… tout ce qui vous semble pertinent (excepté le fait que vous désirez un bureau plus grand, un nouvel ordinateur et une machine à café perso, pour ça attendez un peu).

Ce fameux rapport est bénéfique pour l’entreprise qui pourra, ou non, prendre en compte les remarques du « cobaye ». Il l’est également pour le nouvel arrivant qui se sentira « valorisé », libre de dire ce qu’il pense (« hé, hé, on me demande mon avis!! ») et aussi mieux intégré.

Ceci n’est pas une rédaction sur votre vie personnelle, il s’agit simplement de quelques pages, du factuel, de l’objectif, voilà ce qui est demandé. Pas besoin de se sentir une âme d’écrivain ou de croire que ce sera publié dans la newsletter de l’entreprise. Il faut aller à l’essentiel et rester pertinent. Ne pas dépasser plus de 5 pages (arrêtez-vous au premier bâillement, c’est le signal).

On retrouve souvent dans les rapports la question « si vous aviez une baguette magique que changeriez vous ? », alors là, attention à votre réponse. Si vous répondez « le PDG » ou « si j’avais une baguette magique je ne serais pas ici » ça commence mal. Un conseil ne vous emballez pas trop et pensez réalisable.

Pour mon premier rapport d’étonnement chez connect RH, j’ai choisi 10 questions que je me suis posée à moi-même (oui, on est plusieurs dans ma tête). Ce qui m’a le plus stupéfaite, étonnée (il faut bien justifier le titre) ? L’ambiance « décontractée » et l’humour (pas toujours bon mais ça je l’ai pas dit) des consultants, qu’on me dise « merci » à chaque fois que je produis quelque chose. Ce que j’ai regretté ? Même pas une corbeille pour mes papiers de bonbons (une grosse corbeille car il y en a beaucoup). L’agréable surprise ? Comment sont reçus les candidats, moi qui imaginais quelque chose de très coincé, en fait pas du tout, c’est sérieux mais pas prise de tête. La multiplicité des prestations que propose le cabinet m’a interpellée aussi, et puis je croyais qu’un consultant en recrutement avait juste besoin de feeling, c’est beaucoup plus complexe que ça finalement.

J’espère les avoir étonnés autant qu’ils m’ont étonnée. Ce rapport a été productif car j’ai pu avoir ma corbeille à papier presque instantanément mais pour la Porsche j’attends toujours… Je comprend pas.

Nadège Wartelle

Engagement syndical

Billet militant

Le dernier petit déjeuner connect RH avait pour thème l’Engagement, celui des salariés au sein de l’entreprise. A écouter notre grand témoin, Philippe Alchus de la Société Ricard, il est évident que cette notion est profondément ancrée dans l’ADN du Groupe. Le charisme du Fondateur, les histoires et l’Histoire (au cours de la seconde guerre mondiale par exemple), tout ceci est dans la mémoire des collaborateurs et est entretenu au quotidien par une direction qui se montre aussi exemplaire dans cet engagement et dans la proximité.

Pour s’engager il faut croire en quelque chose, on parle ainsi souvent de culture d’entreprise, de valeurs. Pourtant aucune valeur n’est affichée chez Ricard, pas d’affichage certes, mais du vécu. Cette question des valeurs posée a d’ailleurs tout naturellement entraîné le sujet du prochain petit déjeuner* : « Les valeurs (s)ont-elles encore une valeur ? »

Toutefois l’engagement que je tiens à évoquer ici est celui d’un cabinet au sein de Syntec Conseil en Recrutement. Ici il ne s’agit pas de « se battre » pour son entreprise, mais pour des idées, pour défendre une profession, ses intérêts. Pour rappel celle de recruteur est non réglementée : je ne peux toujours pas ouvrir de salon de coiffure, le pire risque serait de rendre ridicules mes clients, mais n’importe qui peut se prétendre consultant en recrutement, avec juste comme risque celui de gâcher des vies professionnelles. Le libéralisme fonctionnerait-il à plusieurs vitesses ? Parmi les 1000 à 1500 structures qui interviendraient en recrutement (dans ma thèse j’explique pourquoi une si large fourchette), seules environ 130 adhèrent à leur syndicat professionnel. Heureusement elles représentent plus de 50% du chiffre d’affaires de la profession.

En tant que Délégué régional j’essaie de convaincre des consœurs et confrères de rejoindre Syntec. Je défends l’idée que nous aurons plus de poids auprès des pouvoirs publics et autres acteur de l’emploi (l’Apec par exemple) dont nous sommes l’unique interlocuteur pour la profession (heureusement que nous étions là pour nous opposer à l’aberration du CV anonyme), que nous améliorons nos pratiques en les benchmarkant, que nous avons démontré notre utilité en étant à l’origine de codes de bonne conduite, de bonnes pratiques (comme la promotion du CV Citoyen), que nous menons des réflexions pour faire évoluer notre métier, afin de mieux servir nos clients : entreprises et candidats. En effet nos candidats sont aussi des clients, cette façon de les considérer à grandement fait évoluer la relation depuis une quinzaine d’années.

Quand les entreprises recherchent, par l’intermédiaire de consultants, des candidats prêts à s’engager, je trouve affligeant de m’entendre répondre par mes consœurs et confrères : « combien ça coûte ? », « qu’est-ce que j’y gagne ? ». Les mêmes qui reprochent aux candidats d’être des consommateurs ne se comportent pas autrement. Les mêmes qui se moquent des collaborateurs adhérant à un syndicat de salariés dans le seul but de se protéger ne se comportent pas autrement.

Ce constat établi dans le cadre de ma profession, je le retrouve dans des discussions avec des présidents ou des secrétaires généraux de fédération professionnelle : beaucoup d’entreprises n’adhèrent que quand elles voient un intérêt à court terme, ou bien purement financier, sans parler de ces patrons qui rejoignent un syndicat professionnel pour préparer leur avenir politique. Où est passé le sens (et le goût) du bien commun ? Je ne veux surtout pas généraliser car quand j’entends les chefs d’entreprise de la French Tech Aix-Marseille je suis plutôt rassuré, mais le constat global est bien là.

Comme cela est démontré chez Ricard, au sein de l’entreprise l’engagement ne peut être individuel, il est collectif, car il s’inscrit dans une histoire, dans une volonté commune d’aller de l’avant, ce qui le diffère de la motivation. On peut être motivé sans être engagé, l’inverse n’est pas vérifié. Ce qui vaut pour des collaborateurs au sein d’une entreprise vaut pour des entreprises au sein de leur profession. Il paraît qu’ensemble on est plus fort (je vous propose à ce sujet de revenir sur ce billet de blog de juillet 2013).

Adhérer à Syntec n’est certes pas un gage de qualité, ne pas y adhérer n’est pas non plus un facteur de non-qualité, en revanche au moment de choisir un partenaire il serait peut-être pertinent pour les entreprises de voir qui s’engage vraiment.

Marc Low

* le 13 décembre à l’IAE Aix-Marseille, avec comme grand témoin Magali Avignon, Directrice Générale de mychezmoi.com,  inscription obligatoire (marc.low@connect-rh.com).

Petit déjeuner du 5 juillet 2016

Le 5 juillet, et pour la deuxième fois cette année, le dernier petit déjeuner connect RH s’est tenu à l’IAE Aix-Marseille. Stéphane Combaluzier, DRH International d’Ortec et Delphine Lacaze, Professeure à l’IAE étaient les grands témoins de l’événement. Delphine Lacaze est aussi l’auteure d’un ouvrage sur l’intégration des nouveaux collaborateurs (éd. Dunot), le thème de la matinée introduite par Virginie de Barnier, Directrice de l’IAE.

Les plus grands groupes étaient présents autour des différentes tables : Airbus Helicopters, Caisse d’Epargne, CMA CGM, Carrefour, Gemalto, La Poste, Onet, ST Microelectronics, Ricard… mais aussi CIS, CNIM, Logirem, Snef, Sofitel Vieux Port, TechnoPlus Industries, Upperside… 50 participants au total, représentant 36 entreprises, qui ont pu échanger sur leurs (souvent bonnes) pratiques et prendre des idées, constater que ce qu’il mettaient en oeuvre était pertinent, ou qu’il leur restait du chemin à parcourir, ou les deux. Ici l’apport académique de Delphine Lacaze enrichissait encore le débat et le temps imparti fut, comme souvent, trop court, car de nombreuses questions se posent lorsque l’on parle d’intégration de collaborateurs : celles de la culture d’entreprise, et donc de la marque employeur, des moyens et de leur coût, celle du mentoring ou du tutorat, celle des expatriés, celle de la génération Y bien évidemment, etc. Elles furent toutes abordées, de grands mots furent lâchés : processus, workflowonboarding… donnant des pistes de réflexion aux participants.

Ce petit déjeuner marque une évolution de la formule initiée il y a 4 ans à la création du cabinet. Un partenariat est en cours de signature avec l’IAE Aix-Marseille, pour une coproduction de l’événement, toujours en partenariat avec Cadremploi, et toujours à destination des DRH et Dirigeants d’entreprise. Ainsi la présence d’un(e) Maître de conférences ou d’un(e) Professeur(e) sera systématisé pour apporter un complément théorique à la vision et au discours très pratiques des grands témoins DRH. Pour répondre à une demande des présents, mais aussi de ceux qui ont des impondérables de dernière minute (26 personnes cette fois !), nous ferons aussi en sorte de rédiger un compte rendu des discussions. D’autres projets d’animation de ces petits déjeuners sont en cours de réflexion.

Le prochain petit déjeuner connect RHIAE Aix-Marseille se déroulera le 29 septembre à Marseille sur la thématique de l’engagement. Save the date, le nombre de places sera éventuellement limité à 50 si comme prévu la manifestation se déroule chez le « grand témoin ».

Marc Low

 

#Mobilité des cadres

Pour la deuxième année consécutive à Marseille, au nom de Syntec Conseil en Recrutement, j’ai organisé avec l’équipe de FigaroClassifieds et celles de l’UPE13 la présentation du baromètre IFOP/Cadremploi sur le marché de l’emploi des cadres.

Après un mot d’introduction de Thierry Berger, Vice-Président de l’UPE13  en charge des questions liées à l’emploi, Stéphane Aucoin, Responsable régional de FigaroClassifieds, a présenté l’étude avec un focus sur la Région PACA (cliquer sur l’image ci-dessus pour accéder au PPT).

En complément de cette étude, l’UPE13 avait réalisé une enquête auprès des dirigeants d’entreprise et des DRH sur leurs difficultés à trouver des talents. Quelques chiffres illustrent la situation :  90% des répondants considèrent qu’il est difficile ou très difficile de trouver des talents et 41% ont déjà abandonné un recrutement pour ces raisons. Principalement par manque de profils adaptés expliquent-ils. 88% pensent que leur entreprise est attractive ou très attractive, alors que seulement 57% déclarent mener des actions en ce sens. La question de la marque employeur se pose alors à nouveau.

Elle fut notamment posée à Sandrine Baille-Calvet, DRH des Villages Clubs du Soleil, et l’une des participantes de la table ronde que j’ai animée à l’issue de la présentation. La réflexion menée en amont sur cette problématique permet à l’entreprise de trouver les profils qu’elle recherche, dans des métiers pourtant réputés très difficiles, notre témoin insistant sur la nécessité absolue de délivrer un message absolument conforme à la réalité de l’entreprise.

Patrick Terrasse, Président des Dirigeants Commerciaux de France à Marseille, soulignait quant à lui la difficulté à recruter des profils commerciaux liée à une image dégradée de la fonction et à une formation initiale promouvant peu ces métiers.

J’ai conclu cette table ronde, reprenant les éléments de l’enquête locale et les réactions des intervenants, pour rappeler que la solution est dans nos entreprises, et dans notre capacité à les promouvoir, mais aussi à promouvoir notre territoire. Pour beaucoup il faut arrêter d’attendre un deus ex machina qui ferait que tout à coup les candidats afflueraient. La guerre des talents se poursuit, nos entreprises locales ont beaucoup d’arguments à faire valoir, elles s’en privent bien souvent, ne sachant comment s’y prendre pour certaines, vivant sur ce qu’elles croient être acquis pour d’autres, refusant d’investir pour acquérir ou conserver ces talents, ne jouant pas suffisamment collectif. Il est vrai que nos politiques savent montrer l’exemple avec la Métropole.

Marc Low

Satisfaction candidats

Comme nous le faisons régulièrehttp://connect-rh.com/wp-admin/edit.phpment depuis la création du cabinet, et conformément à notre engagement, nous présentons les résultats de notre enquête de satisfaction envoyée à tous les candidats reçus en entretien.

Remise à zéro des compteurs au 1er janvier 2015.

Le taux de retour est légèrement supérieur à l’historique : 44% vs 40%. Globalement les résultats restent dans la même veine que précédemment.

Il s’agit ici des notes moyennes attribuées. En outre 96% des répondants recommanderaient le cabinet, le même taux à la question sur le/la consultant/e. Une légère amélioration là aussi (on était plutôt à 94-95%), très anecdotique.

Premier contact du candidat avec l’entreprise qui recrute, nous portons aussi l’image de cette dernière. A l’heure où l’on évoque de plus en plus la notion de Marque Employeur, il est stupéfiant d’entendre encore des candidats raconter comment ils sont reçus, souvent d’ailleurs dans des halls d’hôtel où les entretiens s’enchaînent, et le mauvais souvenir qu’ils gardent de leur entretien, ne conservant en mémoire que le nom de l’entreprise pour laquelle ils se sont déplacés.

Marc Low

 

Insertion professionnelle et entrepreneuriat

Nous avons choisi de vous présenter régulièrement des entreprises ou des entrepreneurs avec lesquels nous sommes en contact en interviewant leur Dirigeant, DRH… Pour cette première nous sommes allés voir Laurent Laïk, qui dirige le groupe La Varappe depuis plus de quinze ans. Une entreprise presque comme les autres, mais qui intègre totalement la dimension sociale dans son objet. Les habitués de ce blog connaissent la sensibilité que nous avons développée sur la question. Laurent Laïk nous démontre que l’on peut être entrepreneur, libéral quand on parle de concurrence, tout en « faisant » de l’insertion.

connect RH
Laurent, vous avez reçu le prix de l’Entrepreneur social par la fondation Schwab et le Boston Consulting Groupe en 2010, dans le jury on retrouvait de grands patrons comme Franck Riboud (Danone), Jean-Paul Agon (L’Oréal), Xavier Huillard (Vinci)… Dans ce cadre, vous avez été invité au sommet de Davos… (voir ici l’interview sur BFM Business).
Qu’est-ce qu’un entrepreneur social ?
Laurent LAIK
Il y a beaucoup de définitions possibles mais pour moi, il s’agit d’un porteur de projet économiquement viable et suffisamment conséquent pour être au bénéfice du plus grand nombre en termes d’impact social. C’est ce que nous essayons de faire avec le Groupe La Varappe qui a pour objet l’insertion de personnes éloignées de l’emploi.


connect RH
Cet impact doit pouvoir être mesuré. Pouvez-vous nous donner quelques chiffres qui reflètent votre activité ?
Laurent LAIK
En 2013, nous avons mis en emploi quelques 1 600 personnes, souvent très éloignées de l’emploi.
Cette distance plus ou moins importante de la vie professionnelle, nous la traitons de manière spécifique : La Varappe est un groupe. Ça signifie que plusieurs entités le composent. Ces différentes structures sont organisées à la fois autour d’activités spécifiques et de l’éloignement à l’emploi que peut avoir un candidat.

connect RH
Parlez-nous de ces entités :
Laurent LAIK
Évolio: Cette structure s’appuie sur les chantiers ou ateliers d’insertion qui sont souvent « une porte d’entrée » vers un retour à la vie professionnelle pour les personnes très éloignées de l’emploi.
LVD Environnement intervient depuis 1992 dans la gestion d’espaces verts, le traitement des déchets, de l’eau…
Ses clients sont essentiellement des entreprises privées ou des collectivités territoriales, dans le cadre de marché publics.
LVD Énergies a été créée en 2006. Cette entreprise d’insertion s’appuie sur l’ensemble des dispositifs liés aux énergies renouvelables. Dans ce cadre, la société a installé des panneaux photovoltaïques puis a développé, depuis quelques années le projet « HOME », procédé de recyclage de containers en fin de vie.
Avec des résultats équivalents en termes d’isolement et de consommation énergétique aux normes de constructions habituelles, l’entreprise se distingue par des projets esthétiques à des coûts plus avantageux.
Les réalisations sont diverses. Elles vont de la construction d’espaces professionnels comme celui installé à l’attention de Pôle Emploi sur la place de la Joliette à Marseille ou encore comme habitats, qu’ils soient pour les étudiants, les logements sociaux ou même des résidences pour particuliers.
Eureka-Intérim : Il s’agit de la branche intérim d’insertion du Groupe qui représente 67% de son activité.

connect RH
La notion d’insertion induit des représentations négatives sur les publics considérés comme personnes à problèmes et donc peu attractives pour une entreprise.
Laurent LAIK
Il est vrai que les représentations sont fortes.
Pour autant, hormis pour Évolio qui œuvre exclusivement en faveur des candidats les plus éloignés de l’emploi, le Groupe fait peu ou pas état de sa vocation d’insertion : L’entreprise cliente doit trouver la même qualité et le même service que chez n’importe quel concurrent.
C’est la force du groupe et c’est de qui en fait son succès.
Pour le seul département des Bouches du Rhône, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros en 2013. Sa croissance était de 13%, malgré un contexte économique dégradé.

connect RH
Quel est le secret de cette réussite ?
Laurent LAIK
S’il suffisait d’avoir un secret pour réussir, les choses seraient simples !
Je préfère parler de force. Cette force, c’est d’abord le travail ! Il suffit de venir sur les sites, qu’ils soient le siège, les agences ou les chantiers pour voir, d’abord un personnel encadrant montrer l’exemple du travail, puis des collaborateurs investis dans leur mission.
Pour ces derniers, vous évoquiez ci-avant les représentations négatives qui entourent les problèmes du chômage. Après 25 années d’expérience dans l’insertion et 2 mandats de Président du CNEI (Comité National des Entreprises d’Insertion), je peux rapporter que la majorité des personnes en recherche d’emploi et en situation de précarité aspire à une vie professionnelle réussie.
Personne ne recherche la précarité ! C’est le manque d’opportunité d’emplois qui provoque cette rupture et le drame social du chômage !
S’il faut parler de force, la nôtre réside sans doute dans la recherche de l’innovation, l’entreprenariat au sens pur du terme et la capacité de se réinventer.
Nous pourrions nous satisfaire de nos résultats qui inscrivent aujourd’hui le Groupe La Varappe dans le TOP 10 des entreprises d’insertion en France.
Nous avons choisi d’adapter sans cesse notre projet et de prendre des risques.

connect RH
Les risques ne sont-ils pas partagés par les collectivités diverses qui financent le groupe par le biais de subventions ?
Laurent LAIK
Nous bénéficions, comme n’importe quelle entreprise des aides à l’embauche, des marchés publics.
Nous percevons pour la partie associative quelques subventions qui n’excèdent pas au total 10 % de notre chiffre d’affaires.
Nous sommes une entreprise comme n’importe quelle entreprise qui a des clients et des salariés.

connect RH
L’insertion est un métier. Comment pratiquez-vous le vôtre pour avoir de tels résultats ?
Laurent LAIK
Nous avons choisi d’avoir un plateau technique réduit et efficace.
Nous investissons essentiellement dans un corps d’accompagnants experts en insertion. Nous avons un Service RH Insertion dédié. L’articulation de ces compétences autour de véritables parcours d’insertion garantit nos bons résultats.

connect RH
Quels sont vos projets pour aujourd’hui et demain ?
Laurent LAIK
Ils sont nombreux… rires…
Nous avons mis en place avec La Politique de la Ville de Marseille un projet dit « Circuit Court ». Dans ce cadre, nous organisons des permanences collaboratives avec d’autres structures dans les quartiers de Marseille où le chômage est élevé avec pour objectif de « raccrocher » les personnes hors dispositif et de les positionner sur un emploi direct ou par le biais de l’intérim en nous appuyant sur le projet L2. La première phase est un succès bien que perfectible.
Nous cherchons également à développer notre réseau d’entreprises clientes (350 à ce jour) en répondant à leur problématique de besoin en ressource humaine.
Nous leur offrons l’opportunité de devenir elles aussi des acteurs sociaux et de s’inscrire dans un projet RSE.

connect RH
L’entreprise, acteur social ? Expliquez-nous !
Laurent LAIK
Notre relation privilégiée avec les Entreprises et Syndicats d’employeurs nous permet de constater qu’il y a chez la plupart des dirigeants un entrepreneur social. L’exemple du patron de ZARA qui recrute 10 % de ses effectifs parmi les plus démunis, y compris des SDF en est un…
Si on parle de préjugés et représentations négatives, celle du mauvais employeur est également très présente.
Notre proximité avec le monde de l’entreprise nous permet de constater que l’engagement est fort pour l’emploi du côté des recruteurs. Les quelques 3 millions de personnes inscrites au chômage représentent une véritable richesse et un vrai enjeu pour la productivité et l’économie de notre pays.

connect RH
Comment expliquez-vous justement l’éloignement qui existe entre les employeurs et les personnes en recherche d’emploi ?
Laurent LAIK
Je n’explique rien. Ce n’est pas mon métier !
J’entreprends !
Cette entreprise se concrétisera d’ici à la fin de l’année par l’ouverture d’une première agence de travail… au cœur du métro Marseillais, sur Castellane.
La RTM libère son espace d’accueil. Nous allons nous y implanter une plateforme d’accueil pour y sourcer des candidats au profit de nos propres entreprises mais aussi pour le compte de nos entreprises clientes.
Le concept « Emploi et Mobilité » imaginé avec la RTM est un message fort pour réduire l’éloignement de l’emploi.
Derrière cet espace de primo accueil que nous voulons dupliquer sur d’autres stations nous entendons créer un espace de traitement des candidatures. Nous recherchons des collaborations avec les partenaires, la cité des métiers, les entreprises…
En fin de compte, peut-être que Marseille n’est pas un problème. C’est tout simplement un enjeu !

Emplois qualifiés, des solutions existent

Malgré de nombreuses absences parmi les inscrits, près de 70 personnes ont assisté le 16 octobre à la présentation de l’étude ÉVOLUTION ET TENDANCE DU MARCHÉ DE L’EMPLOI réalisée par l’IFOP pour Cadremploi et qui se déroulait pour la première fois en douze ans à Marseille. Au nom de Syntec Conseil en Recrutement (SCR) j’ai eu le plaisir d’organiser cet événement avec les équipes de Cadremploi et celles de l’UPE13 qui nous accueillait en ses locaux, Place des Entreprises.

Après une introduction de bienvenue de Madame Elisabeth Coquet-Reinier, Vice-Présidente de l’UPE13 en charge des questions liées à l’emploi et une synthétique (une minute !) présentation de SCR par moi-même, Pierre Jeambar et Stéphane Aucoin de FigaroClassifieds nous ont présenté l’étude.

Une table ronde suivait cette présentation, animée avec une belle dynamique par Sylvia Di Pasquale, Rédactrice en Chef de Cadremploi.

Fernanda Alonso-Gautrais, DRH de Voyage Privé, Thierry Billion, Senior VP – HR de CMA CGM, François-Joseph Viallon, Président de StarDust, et moi-même en étions les intervenants.

Les freins au recrutement ont bien évidemment été évoqués, avec un focus régional sur le Marseille bashing actuel qui a permis de rappeler la campagne lancée la semaine dernière (voir mon précédent billet), mais aussi le manque d’école internationale ou de crèches, le coût des loyers, etc., le soleil 300 jours par an ne fait pas tout. Au cours de la discussion Thierry Billion et François-Joseph Viallon ont tout de même un peu « recadré » les choses en rappelant que, sur un territoire ouvert comme le nôtre, pour un chinois ou un américain, Paris, Marseille, c’est en France, donc la même chose.

A l’écoute des divers intervenants il est clair que des solutions existent pour rendre nos entreprises plus attractives, le concept de marque employeur a évidemment été mis en avant, « à condition que la promesse soient tenue » souligne, et même insiste, Fernanda Alonso-Gautrais qui nous avait déjà fait l’honneur d’être le grand témoin du dernier petit déjeuner de connect RH en juillet sur ce thème justement. Rien de pire en effet que ce décalage entre ce qui est vendu au candidat et la réalité qu’il découvre, notamment à l’heure d’une « utilisation croissante des réseaux sociaux » remarque Thierry Billion. Ce dernier note aussi l’importance de savoir conserver ses talents et de suivre de près des indicateurs comme le turn over (3,5% chez CMA CGM) ou le taux d’absentéisme (2,8% chez le transporteur maritime). François-Joseph Viallon, qui dirige une start up dont la croissance annuelle des effectifs est de 100%, insiste lui sur la nécessité de « partager les succès », plus facile à réaliser dans une structure de 32 collaborateurs que dans un groupe de 20.000, quoique… L’idée est que tout ce qui peut renforcer la fierté d’appartenance en interne est bon pour le recrutement de talents externes. L’un des résultats de l’enquête réalisée localement* montre pourtant que la moitié des entreprises ne font rien de particulier pour chercher à attirer les candidats de qualité (et pourtant 90% d’entre elles éprouvent des difficultés et 40% ont déjà abandonné un recrutement).

J’ai conclu ces 45 minutes de débats en soulignant la dynamique du territoire et de sa représentation économique, qui sait aller au-delà de la contrainte « d’un temps politique qui n’est pas le même ». Les solutions existent, elles sont en grande partie à développer au sein même des entreprises. Ces échanges furent très riches – je ne peux les retranscrire ici dans leur globalité -, ils représentent aussi le début d’une réflexion à poursuivre.

         

Le mot de la fin fut pour Gabriel Descat, Directeur général de l’UPE13, qui a rappelé l’engagement de son organisation pour l’emploi. La Place des Entreprises était donc the place to be ce jeudi, de nombreux contacts ont aussi été pris entre les participants. Avec cette manifestation et l’accueil très positif qu’elle a reçue, l’idée pour ses organisateurs est maintenant de poursuivre la dynamique créée autour de la question. D’autres événements sont donc à prévoir. A suivre…

Marc Low

* Pour préparer cette matinée, nous avions préalablement interrogé les Chefs d’entreprise et DRH des Bouches-du-Rhône sur les difficultés qu’ils éprouvaient pour trouver des talents. Il est évident qu’avec 51 entreprises répondantes seulement cette enquête ne peut avoir de valeur statistique. Il s’agit donc juste d’une indication.