Étiquette : Génération Y

Petit déjeuner du 5 juillet 2016

Le 5 juillet, et pour la deuxième fois cette année, le dernier petit déjeuner connect RH s’est tenu à l’IAE Aix-Marseille. Stéphane Combaluzier, DRH International d’Ortec et Delphine Lacaze, Professeure à l’IAE étaient les grands témoins de l’événement. Delphine Lacaze est aussi l’auteure d’un ouvrage sur l’intégration des nouveaux collaborateurs (éd. Dunot), le thème de la matinée introduite par Virginie de Barnier, Directrice de l’IAE.

Les plus grands groupes étaient présents autour des différentes tables : Airbus Helicopters, Caisse d’Epargne, CMA CGM, Carrefour, Gemalto, La Poste, Onet, ST Microelectronics, Ricard… mais aussi CIS, CNIM, Logirem, Snef, Sofitel Vieux Port, TechnoPlus Industries, Upperside… 50 participants au total, représentant 36 entreprises, qui ont pu échanger sur leurs (souvent bonnes) pratiques et prendre des idées, constater que ce qu’il mettaient en oeuvre était pertinent, ou qu’il leur restait du chemin à parcourir, ou les deux. Ici l’apport académique de Delphine Lacaze enrichissait encore le débat et le temps imparti fut, comme souvent, trop court, car de nombreuses questions se posent lorsque l’on parle d’intégration de collaborateurs : celles de la culture d’entreprise, et donc de la marque employeur, des moyens et de leur coût, celle du mentoring ou du tutorat, celle des expatriés, celle de la génération Y bien évidemment, etc. Elles furent toutes abordées, de grands mots furent lâchés : processus, workflowonboarding… donnant des pistes de réflexion aux participants.

Ce petit déjeuner marque une évolution de la formule initiée il y a 4 ans à la création du cabinet. Un partenariat est en cours de signature avec l’IAE Aix-Marseille, pour une coproduction de l’événement, toujours en partenariat avec Cadremploi, et toujours à destination des DRH et Dirigeants d’entreprise. Ainsi la présence d’un(e) Maître de conférences ou d’un(e) Professeur(e) sera systématisé pour apporter un complément théorique à la vision et au discours très pratiques des grands témoins DRH. Pour répondre à une demande des présents, mais aussi de ceux qui ont des impondérables de dernière minute (26 personnes cette fois !), nous ferons aussi en sorte de rédiger un compte rendu des discussions. D’autres projets d’animation de ces petits déjeuners sont en cours de réflexion.

Le prochain petit déjeuner connect RHIAE Aix-Marseille se déroulera le 29 septembre à Marseille sur la thématique de l’engagement. Save the date, le nombre de places sera éventuellement limité à 50 si comme prévu la manifestation se déroule chez le « grand témoin ».

Marc Low

 

Conférence sur la Génération Y

J’ai eu le plaisir d’intervenir au cours d’un séminaire des équipes de Total Lubrifiants qui se tenait à Athènes en juin. J’ai présenté une conférence sur les Génération Y et Digital Natives, reprenant l’un des mes thèmes favoris : « ce n’est pas la même chose » même si intellectuellement il est confortable de les confondre (pour ceux qui aiment ce type de confort donc). Il est pourtant très facile de démontrer que la Génération Y, née entre la fin des années 70s et le début des 90s n’a rien à voir avec la révolution numérique et a bien grandi dans un monde analogique, celui du VHS, du MyFirstSony à K7, celui du téléphone toujours filaire… j’ai assez écrit sur ce blog même à ce sujet.

Les équipes venaient du monde entier, s’ils ont pu être intéressés par la problématique, pour la plupart cette notion de Génération Y était quasi inconnue. Ceci démontre encore une fois que nous avons monté en émulsion (au vu de mes interlocuteurs je choisis ce terme technique en lieu et place de mayonnaise) un phénomène somme toute assez classique d’incompréhension entre générations. Nous évitons ainsi de nous poser les bonnes questions sur nos propres pratiques managériales.

 

J’avais travaillé sur un phénomène qui voit dans l’entreprise l’espace-temps à la fois se contracter (vitesse des communications, des transports, vision court-termiste de certains dirigeants d’entreprise [sans parler des politiques]) et se distendre (il est tellement simple de retrouver des connaissances d’il y a 30 ans par exemple). Les questions posées dans l’heure qui suivit la présentation ont aussi beaucoup tourné autour du Big Data et sur son utilisation par les Digital Natives (DN). Je ne peux alors m’empêcher de faire le lien avec la sérendipité qui caractérise ces DN (le maître-mot pour les comprendre selon moi). il s’agit donc d’un sujet à creuser prochainement. A suivre donc…

Je profite de ce billet pour remercier encore les équipes de Total Lubmarine (Norbert, Jean-Philippe, Catherine…) pour les belles rencontres que j’ai faites là-bas et l’intérêt qu’ils ont porté à mon travail.

Marc Low

 

 

Sécurité informatique et Génération Y

Récemment contacté pour participer à une étude pour Citrix sur le sujet de ce post, j’ai tenu à intégrer dans cette étude une différenciation entre Génération Y et Digital Natives (« petite poucette »), c’est ainsi que le sondage fut administré.

Cette enquête a fait l’objet de divers articles, dans 01net.com par exemple (ici).

Je vous livre ici quelques remarques envoyées à la lecture des résultats :

Préambule

Pour borner la Génération Y la fourchette présentée est souvent très large : elle commencerait entre 1975 et 1982, pour aller de 1991 à… certains parlent d’adolescents comme étant des « Yers ». Si le début date de 1975, la Génération X est véritablement perdue puisqu’elle n’aura eu qu’une petite douzaine d’années pour elle. Le consensus se situe plutôt autour de 1977/1978, pour aller vers 1991/1992 (sortie du premier IBM PS1, de la Nintendo Gameboy, du GSM…).

Viendraient ensuite les digital natives (DN), autochtones du numériques, nés avec un ordinateur à la maison. Parmi ces derniers on peut même distinguer des 1.0 et des 2.0 : ceux qui ont grandi en regardant des cassettes VHS et en appelant leurs grands parents avec un téléphone encore filaire, ceux qui avaient deux écrans à la maison, d’une part, et ceux véritablement nés à l’ère du numérique (cette image vue sur internet d’un enfant qui tient à peine assis et tente d’agrandir une photo de journal en écartant ses index comme on le fait sur une tablette) ; ceux qui, entre télévision, ordinateur de bureau, ordinateur portable, consoles de jeux portables, smartphones et tablettes, ont parfois une dizaine d’écrans pour une famille de deux enfants, d’autre part. Ces derniers sont nés après 2000.

On assimile en effet souvent la Génération Y a une génération du numérique. Ceci est très tentant (et même réconfortant) pour expliquer des comportements qui échappent aux aînés, mais s’avère contradictoire avec la réalité qu’il n’est pas nécessaire de réécrire. Malgré quelques heureux possesseurs d’Amiga 500 ou d’Amstrad 6128+, cette génération a grandi avec des produits analogiques à l’instar des DN 1.0. Il n’y a pas eu la rupture souvent décrite. Les Y ont plus rapidement assimilé les nouvelles technologies que les X, de la même manière que ces derniers ont plus rapidement assimilé l’utilisation du micro-ondes et de la télécommande que leurs aînés, lesquels ont plus rapidement pris l’habitude du lave linge, etc., nous pouvons remonter ainsi assez loin.

La nécessité de l’utilisation des produits technologiques par toutes les générations est cependant une réalité. Les générations Y et suivantes ont « moins le droit » de s’y soustraire (car heureusement on peut s’y soustraire dans bien des cas), marché du travail oblige notamment. Pour avoir travaillé sur les usages liés aux nouvelles technologies cette étude présentait un réel intérêt de mon point de vue. Il me semblait aussi important de vérifier s’il pouvait exister une évolution dans les comportements entre les Y et les DN dans leurs approches. Certains résultats m’ont surpris :

Des différences significatives dans les comportements H/F

? Dans la connaissance des technologies informatiques :
90% des hommes (auto)évaluent leurs connaissances comme importantes (61%) ou très importantes (29%) contre 77% des femmes (68% et 9%). S’agit-il ici d’une posture ? Peut-être un peu, mais l’attrait pour les produits et métiers techniques reste aussi plus important chez les garçons que chez les filles (28% des élèves ingénieurs sont des femmes en 2011-2012).

De la même manière 88% des hommes savent ce qu’est le Cloud (71%) ou en ont entendu parler (17%), alors que seulement 39% des femmes déclarent savoir ce qu’est le cloud et 39% en ont entendu parler, soit un décalage de 10 points au total.

Parmi ceux qui savent ce qu’est le Cloud, 46% des femmes l’utilisent, contre 56% des hommes.

? Moins de conscience des problèmes informatiques chez les femmes ?
28% des femmes de 23/35 ans déclarent avoir rencontré des problèmes informatiques, contre 34% des 15/23 ans et 35% des hommes.

Les femmes sont moins équipées d’antivirus pour mobile (13% vs 23%), d’ailleurs les hommes sont plus craintifs pour leur téléphone portable que les femmes 23% vs 14%. Les deux générations ont les mêmes comportements.

Mais aussi des différences parfois entre Y et Digital natives

Les Y craignent plus la panne informatique que les DN : 65% (H 68% ; F 62%), vs 54% (H 61% ; F 46%).

De la même manière les DN craignent moins le vol de données personnelles (70%) que les Y (79%), le risque de piratage de la carte bancaire (61% vs 75%), mais paradoxalement plus celui de données professionnelles (21% vs 12%).

Parmi ceux qui savent ce que c’est, le cloud est plus utilisé chez les Y (59%) que chez les DN (45%).

Protection

Le mobile est un équipement pour lequel les personnes interrogées ne craignent pas le piratage : 76% ne sont pas équipées d’un antivirus, pas de différence selon le genre et la génération.

Les conseils de sécurité écoutés proviennent principalement de la télévision et du web : 76% (28% + 48%). Les plus jeunes sont plus sensibles aux messages télévisés que les Y (32% vs 25%), le plus notable est la différence de comportement H/F : pour 56% des hommes le vecteur principal est le web, loin devant la télévision : 21% ; on est plus proche de l’équilibre des sources d’information chez les femmes, avec 40% en faveur du web et 36% pour la télévision.

Globalement tous tiennent compte des messages d’alerte même si les DN y semblent moins sensibles 8% vs 14% pour les Y.
L’association entre stockage des données sur les réseaux sociaux et services de type Dropbox ne semble pas se faire : 51% y stockent des données, dont 13% de données professionnelles.

33% considère avoir déjà rencontré des problèmes de piratage (seulement ?).

Marc Low

Petit déjeuner du 4 juin 2013

 connect RH était l’invité de Loïc Fauchille, Vice-Président opérations Europe du Sud, France, Belux de Sofitel.

Forcément le lieu était magique puisque nous étions au Sofitel Vieux Port, nous avons en outre eu le plaisir de partager l’un des meilleurs petits déjeuners au monde :

Le thème du jour : « l’intégration de la génération Y dans les métiers à forte contrainte », on peut imaginer à quel point l’hôtellerie est concernée, et encore plus l’hôtellerie de luxe. Laurent Allard, DRH du Sofitel Vieux Port, ayant rédigé un mémoire de Master 2 sur la question a su brillamment exposer la problématique. Au-delà de ce secteur, nous avons pu voir aussi les impacts de nouveaux comportements dans la distribution (Orange, Point P), l’industrie (Smar DTV), le transport (CMA CGM)…

Si je suis souvent très dubitatif sur cette notion de Génération Y (voir les différents posts sur ce blog), que l’on nous survend, la question que pose in fine Laurent Allard m’interpelle : « allons-nous vers une société Y ? » 

Quoiqu’il en soit les échanges furent animés, et l’attention constante.

Une cartographie de ces échanges vous en donne la teneur essentielle, merci à Patrick Zimbardo pour cette Mindmap  :

Prochain rendez-vous le 1er octobre, dans un autre lieu renommé.

Marc Low

 

 

Génération Y, génération du chaos ? petit post pour rire

Décidément cette génération n’en finirait plus d’interpeller, le Monde Magazine y consacre encore un article ce week-end (13 avril 2013, « les empêcheurs de travailler en rond », à lire car présentant aussi des idées à contre courant du mainstream). Encore une fois, que le management soit perturbé parce qu’à 25 ans on ne réagit pas forcément comme à 45 est une chose, que l’on parle de révolution en est une autre. Cette génération est celle qui la première a vraiment connu le chômage autour d’elle, etc. etc. Ceci induit d’autres types de comportements que ceux qui prévalaient jusqu’alors, etc. etc.

N’oublions pas cependant que la notion de work life balance date du début des années 70s, que le passage aux 35 heures de la fin des années 90s, et qu’il n’a pas concerné en premier lieu ces Yers qui n’étaient pas encore sur le marché du travail, que ceux nés avant ont commencé (bien tardivement il est vrai) à se poser des questions sur leur devenir professionnel justement parce que confrontés eux-mêmes au chômage… tout ceci a considérablement changé la donne de la relation au travail, sans attendre la génération née à la fin des 70s.

A lire tout ce que l’on peut lire, on comprend que les comportements de cette génération induiraient le chaos dans nos organisations. Et là, le marseillais qui est éveillé en moi depuis plus de 20 ans maintenant fait le rapprochement. Et lux fiat ! Car si avec un peu de snobisme on parle de la Why Generation (prononcer Ouaille Djéneraillchoeune), tout le monde sait bien dans la plus vieille ville de France que le mot « Ouaille » existe et dans un autre sens que celui qui signifierait que cette génération est placée sous la direction d’un pasteur spirituel ! De plus ils seraient individualistes, alors pas question de moutons guidés par un berger éclairé.

Non, le Ouaille à Marseille c’est, poliment écrit, le désordre, l’inorganisation, la confusion (à ce sujet, lire « Conduite accompagnée » de Philippe Carrese pour comprendre jusqu’où cela peut aller).

A voir comme beaucoup se repaissent de cette trouvaille, se font des noeuds au cerveau, on peut effectivement en conclure que, consciemment ou non, cette génération a bien mis le Ouaille.

Marc Low

 

Vous reprendrez bien un peu de Génération Y

Vous voulez de la Génération Y ? Vous en avez, et à toutes les sauces. Qui n’a pas sa petite anecdote sur ces Y ? Qui n’est pas allé voir un conférencier émérite sur le sujet ? Certains se déclarent « fans de la Génération Y ». Même France Culture s’y met ! Jusqu’où nous arrêterons-nous sur la question ?

Le nombre de spécialistes du sujet ne cesse de croître, c’est qu’il doit y avoir un marché. Ces autoproclamés experts nous expliquent que si les « Yers » (je les nomme comme cela dans ma thèse car,  je l’avoue, je les évoque) sont comme ils sont, c’est-à-dire impatients, peu prêts à se sacrifier, critiques à l’égard de leurs supérieurs, arrogants face aux plus anciens, n’en jetez plus, c’est à cause du tout numérique, de la crise économique, de celle des valeurs (mais ils en auraient plus que leurs aînés selon certains), du VIH, je rajoute pour faire bonne mesure des mangas et de la fast food, et sûrement encore plein d’autres choses. Ils ont aussi des qualités certes, il faut bien qu’ils en aient pour avoir des fans.

Il est tellement facile de démonter tous ces faux arguments que je n’y perdrai pas trop de temps, deux choses néanmoins : la tarte à la crème de la contradiction sur ce sujet, Platon citant Socrate in la République : « les jeunes d’aujourd’hui aiment le luxe ; ils sont mal élevés, méprisent l’autorité, n’ont aucun respect pour les anciens », et (re)lisons aussi Confucius, pour nous rappeler que 600 ans avant notre ère, déjà, la même question était posée ; ensuite arrêtons avec la question du numérique, une personne de 20 ans aujourd’hui a grandi en regardant Le Livre de la jungle à partir de cassettes VHS, pas sur des tablettes, elle écoutait la musique sur des CD dans le meilleur des cas (les K7 audio existaient encore), pas avec un iPod. L’eau courante fut une révolution dans les appartements des villes à la fin du XIXe siècle (« eau et gaz à tous les étages »), l’électricité le fut au début du XXe, puis la radio avant la guerre, la télévision dans les années 50s, le téléphone la décennie suivante, aujourd’hui il s’agit du numérique, nous avions un écran (passif) par foyer au début des années 80s, nous en avons entre 4 et 6 (interactifs) aujourd’hui, ce n’est qu’une évolution, au même titre que les autres.

Ceci ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas de génération du numérique, mais elle n’est pas encore arrivée sur le marché du travail. A ce sujet j’invite le lecteur à s’intéresser aux articles de Marc Prensky. Et là il y aura à dire, à écrire, sur les digital natives ou l’apparition de ce nouvel humain que Michel Serres nomme poétiquement Petite Poucette*. Je ne peux me priver du plaisir d’insérer ce petit dessin** :

La Génération Y n’est qu’un concept Marketing, une expression à la mode (depuis 2008, alors qu’ils sont arrivés sur le marché du travail en 2000), à tel point que l’on entend des personnes se plaindre d’adolescents (voire pré-adolescents) qui seraient totalement représentatifs de la Génération Y. Elle est pourtant définie communément au sujet des personnes nées entre 1977 et 1991.

Si les articles fleurissent sur la question (re-bonjour nos pseudo-experts, et constatons qu’il s’agit principalement de blogs ou de journaux généralistes), combien d’études en sociologie ? Un panier garni au premier qui cite cinq publications académiques et/ou thèses doctorales. Car si le phénomène bouleverse autant notre société les sociologues ont bien dû se pencher dessus depuis tant d’années. C’est bien leur domaine de compétences.

Plus j’entends les uns et les autres s’exprimer sur le sujet, plus j’acquiers la certitude que ce concept ne vient que masquer nos insuffisances en termes de management. Nous les X (heureusement que Douglas Coupland a intitulé son livre Generation X : Tales for an accelerated culture, cela permet de poursuivre l’alphabet au-delà de la justification du « Why generation »), mais aussi nos aînés, les baby boomers, avons trouvé une excuse en or : « ce n’est pas que nous sommes de mauvais managers, c’est de leur faute à eux ».

Accorder autant d’importance à cette question c’est nous exonérer de nos insuffisances, c’est déclarer très ouvertement que nous ne sommes responsables de rien. « C’est pas moi, c’est lui ». Nous pourrions nous poser d’autres questions, sur notre façon d’écouter nos équipes, de leur donner envie, de leur proposer un avenir, qu’il soit dans ou hors l’entreprise. Cela nous oblige à une remise en cause personnelle, à laquelle tous ne sont pas prêts. Elle apparaît néanmoins indispensable.

Marc Low

* Petite Poucette parce qu’elle utilisera ses pouces, je ne peux m’empêcher d’imaginer que ce nouvel humain pourrait aussi s’appeler Hernie Cervicale (autre conséquence des smartphones et tablettes mais également des notebooks), mais c’est moins poétique…

** D’autres sur http://beingfive.blogspot.fr/

Le marché des cadres

S’appuyant sur de récentes études de l’Apec, Capital.fr vient de publier – à une semaine d’intervalle – deux articles qui semblent contradictoires : « Le marché de l’emploi des cadres s’essoufle » et « Les cadres osent de nouveau changer de job« .

Pour le premier des deux j’avais réagi en écrivant qu’il fallait relativiser dans la mesure où nous restions dans une situation de plein emploi (au sens du BIT) pour les cadres. En effet à fin 2011 le taux de chômage de cette catégorie était de l’ordre de 4% (toujours selon l’Apec). Bien évidemment ceci n’empêche pas des situations personnelles très compliquées, d’autre part pour certains métiers les postes proposés sont peu nombreux par rapport au nombre de candidats disponibles. En outre le chômage des jeunes et des seniors (qui de mon point de vue restent les plus discriminés) est très au-delà de ce niveau. La pénurie des cadres est pourtant bien réelle – la durée pour pourvoir un poste s’allonge, pour les cabinets comme en interne pour les entreprises, des postes ne sont jamais pourvus -.

Tout ceci doit inciter les candidats à aller vers plus de mobilité – fonctionnelle comme géographique -, à poursuivre leurs efforts de formation dès qu’ils le peuvent, à avoir des prétentions salariales en phase avec le marché (je sais que je peux choquer en écrivant ceci mais certains semblent vraiment déconnectés de la réalité). C’est en quelque sorte l’objet du second article. Certains osent. Et leur proactivité paie. Car il n’y a pas que les profils « rares » qui sont prêts à changer, il s’agit avant tout d’une reprise en main de sa propre carrière par le salarié, qui comporte aussi une prise de risque. J’en profite au passage pour inciter à éviter de tomber dans le sempiternel phénomène de la soi-disant Génération Y (et tout ça et tout ça…) sous prétexte que les moins de 35 ans sont ceux qui bougent le plus. Cela a toujours été le cas, pour les baby boomers comme pour les X (si je fais le compte j’ai eu 4 employeurs et 6 postes entre 23 et 35 ans, et je suis tout sauf une exception).

Pour les entreprises ceci est une nouvelle illustration de la guerre des talents (terme apparu dès la fin des années 1990, et l’on s’étonne aujourd’hui). Il s’agit aujourd’hui plus qu’hier (et moins que demain ?) d’accepter enfin de ne plus chercher le clone, le mouton à 5 pattes qui en plus rase gratis, de revoir leurs modes de management, de mettre en phase les valeurs qu’elles affichent et la réalité (ah la RSE !), de former leurs salariés, de les suivre dans leurs moments difficiles. J’en connais un certain nombre parmi mes clients qui le font.

Comme par hasard quand nous arrivons en phase finale de présentation de candidats ceux qui motivent le plus ces derniers sont les salariés eux-mêmes.

Marc Low