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Tests : connect RH dans le catalogue Hogrefe

Depuis la création du cabinet nous avons tenu à nous appuyer sur des outils performants pour évaluer les candidats et collaborateurs, en complément des entretiens.

Cette volonté implique de forts investissements, en formation comme en achats de tests. Des investissements qui en rebutent beaucoup (et les tests Marie-Claire ça a souvent son charme pour ces derniers). Toutefois, connaissant la prédictivité de réussite d’une évaluation basée uniquement sur un entretien (la plupart du temps non structuré qui plus est), inférieure à 50%, il nous semble toujours étonnant qu’en la matière on utilise des méthodes qui relèvent de la pièce lancée en l’air. Personnellement, après 16 ans de conseil en RH auprès de clients au fort niveau d’exigence, je ne comprends toujours pas comment certains font pour oser dire que leur expérience de recrutement vaut tous les tests, ni comment des DRH réputés sérieux ne vont pas investiguer un peu plus sur les moyens mis en oeuvre.

Nous nous adressons aux plus grands éditeurs afin d’obtenir les outils qui répondent au plus près aux demandes / besoins de nos clients. Ainsi selon les profils des personnes que nous devons évaluer disposons-nous de 5 questionnaires différents sur les comportements au travail (sans parler des tests d’évaluations d’aptitudes). Parmi ceux-ci le QCP de l’éditeur Hogrefe, que nous utilisons pour les profils commerciaux dans le cadre de notre collaboration avec une grande banque. 

Cette confiance commune nous a permis d’apparaître dans le catalogue de l’éditeur. Nous le prenons aussi comme une reconnaissance du sérieux de notre démarche.

Marc Low

Satisfaction candidats

Comme nous le faisons régulièrehttp://connect-rh.com/wp-admin/edit.phpment depuis la création du cabinet, et conformément à notre engagement, nous présentons les résultats de notre enquête de satisfaction envoyée à tous les candidats reçus en entretien.

Remise à zéro des compteurs au 1er janvier 2015.

Le taux de retour est légèrement supérieur à l’historique : 44% vs 40%. Globalement les résultats restent dans la même veine que précédemment.

Il s’agit ici des notes moyennes attribuées. En outre 96% des répondants recommanderaient le cabinet, le même taux à la question sur le/la consultant/e. Une légère amélioration là aussi (on était plutôt à 94-95%), très anecdotique.

Premier contact du candidat avec l’entreprise qui recrute, nous portons aussi l’image de cette dernière. A l’heure où l’on évoque de plus en plus la notion de Marque Employeur, il est stupéfiant d’entendre encore des candidats raconter comment ils sont reçus, souvent d’ailleurs dans des halls d’hôtel où les entretiens s’enchaînent, et le mauvais souvenir qu’ils gardent de leur entretien, ne conservant en mémoire que le nom de l’entreprise pour laquelle ils se sont déplacés.

Marc Low

 

Un consultant devrait être sans idée

Ce bon vieux Maître Kong

En exergue de ma thèse j’avais paraphrasé le titre d’un livre du sinologue et philosophe François Jullien : « Un sage est sans idée ». C’est ce qu’il était dit de Confucius, signifiant par là que, n’ayant pas d’idée préconçue, il était ouvert à tous les possibles. Ceci marque ainsi une différence profonde entre la philosophie grecque et la sagesse chinoise, thème central de l’ouvrage*.

Quel rapport avec le consultant ?

Nous n’avons pas vocation à nous poser en Sage, en Être accompli, comme le traduit Cyril Javary, ou en Saint, comme le traduisaient les jésuites. Néanmoins lorsque nous faisons passer un entretien nous devrions réfléchir sur cette approche. Combien de fois entend-on que la première impression est la bonne, qu’une poignée de mains suffit pour jauger une personne, qu’en quelques minutes une opinion est faite ?

Quand nous démarrons un entretien chez connect RH, nous avons sous les yeux les résultats d’un questionnaire sur les comportements au travail, ceux de tests d’aptitudes, d’autres éventuellement. Tout ce qui permet à beaucoup – sans  évoquer les ressentis – de dire si le candidat convient au poste, ou pas. D’ailleurs combien de candidats sont (sur le fond) éliminés avant même d’avoir rencontré un consultant ?

Nous nous refusons à préjuger, nous essayons d’être sans idée (préconçue) face à notre interlocuteur. L’entretien, non directif, qui consiste à poser la sempiternelle question « parlez-moi de vous » (dans une autre vie, alors que j’étais candidat, mon interlocuteur m’invita à m’asseoir et me dit : « alors ? », une heure après il n’avait quasiment rien dit de plus et j’étais recruté) permet de voir défiler le temps, mais n’apporte rien de plus que les éléments déjà connus. L’entretien trop directif laisse au final peu de place à une écoute active et donc à une capacité de réaction. Dans les deux cas le candidat qui a « bien appris sa leçon » amène le consultant à entendre ce qu’il a envie d’entendre. Intellectuellement la situation est sans doute confortable pour tout le monde.

Il faut donc trouver un juste milieu, ou pour reprendre cette référence à la sagesse chinoise « un milieu juste », qui a pour particularité de ne pas se trouver au milieu, mais là où il est le plus approprié entre les deux extrémités d’un segment en fonction du moment et des événements (et certains se demandent encore pourquoi la Chine, Empire du Milieu, dominera le monde dans 30 ans !). L’entretien structuré auquel nous faisons régulièrement référence permet cette souplesse, certaines questions sont incontournables, et les mêmes pour tous les candidats, d’autres évoluent en fonction des réflexions menées avec le candidat sur les résultats de tests. Toutes sont précises, elles nous ramènent à l’expérience concrète, au vécu : « donnez-moi un exemple dans votre parcours », « dans cette situation comment avez-vous réagi ? », « quel fut le résultat de cette action ? », « que pouvez-vous tirer de positif de cette période ? » … Les réponses nourrissent la réflexion, suscitent d’autres questions, si elles sont trop évasives on a le droit de revenir à la charge. Le fait de ne pas avoir d’a priori permet véritablement d’approfondir le travail de recherche.

Les devins

La posture de celui qui sait à l’avance, on l’appelle aussi devin, rassure celui qui la prend, « avec l’expérience on sait rapidement à qui on a à faire ». Avec l’expérience on devrait surtout apprendre à ne pas s’enfermer dans des schémas trop simples, à se remettre en question et à tirer les bonnes conclusions de ses erreurs. Mais peut-être que certains n’en font jamais, à se demander s’ils ne boivent du café à longueur de journée que pour se fournir en marc.

Ce type d’entretien est certes moins confortable. Il est aussi bien plus stimulant. Il offre surtout plus de cohérence dans les décisions (voir le post du 27 mai 2014). Nous continuerons donc à ne pas avoir d’idées (préconçues) pour tenter de nous ouvrir à tous les possibles.

Marc Low

* Un sage est sans idée : Ou l’autre de la philosophie

 

L’entretien structuré

Les études montrent que l’entretien de sélection a une validité, entendez une capacité à prédire la performance professionnelle, très variable, selon que l’entretien est non structuré (0.20) ou totalement structuré (0.57). La plupart des recruteurs utilisent pourtant la méthode des entretiens non structurés, soit presque l’équivalent d’une conversation de salon pour certains, une mise sur le grill pour d’autres (ou selon leurs humeurs).

Les informations recueillies sont souvent vagues puisque rarement tirées d’une analyse du travail. Le recruteur utilise donc la psychologie de sens commun, les croyances intuitives et les TIP (théories implicites de la personnalité). L’entretien est dans ce cas une méthode où prédominent les biais. Les décisions qui en découlent perdent en fiabilité car de nombreux facteurs influencent la décision finale.
Voici un bref rappel des biais les plus courants :
– Il y a la première impression qui a un poids déterminant même si les informations ultérieures la contredisent. Le temps de la décision arrive toujours trop tôt. En effet, la décision est prise dans les cinq premières minutes ou dans le premier tiers de l’entretien. Cette décision est plus rapide si le candidat est jugé mauvais, et plus tardive s’il est jugé bon.
– ou encore l’effet de halo (Les a priori vont se généraliser à toutes les caractéristiques du candidat). Ainsi, la beauté induit classiquement la sympathie (de nombreuses études le démontre) !! Il existe également l’effet de contraste qui veut que si un bon candidat passe avant, le suivant sera sous-évalué et inversement si c’est un bon candidat, il sera surévalué. Cet effet joue surtout pour un candidat moyen et l’effet de contraste explique en moyenne 11% de la variance pour la prise de décision.
– Si les informations sur le poste sont vagues et formulées en termes de traits de personnalité, le recruteur se laisser guider par le stéréotype du candidat idéal selon que le poste est typé féminin ou masculin par exemple.
– On peut également évoquer l’effet de similarité et la connivence. Les ressemblances objectives vont créer de la complicité avec des idées réciproques. Dans le cas contraire, s’il y a trop de différences idéologiques entre les protagonistes, l’antipathie peut émerger
Il est pourtant parfois compliqué de différencier structure avec la directivité. Nombre de recruteurs considère ainsi avoir recours à un entretien structuré alors qu’il s’agit plutôt d’entretiens semi-directifs ou directifs. Or, ce n’est pas parce que l’intervieweur impose le déroulé qu’il obtient des informations fiables. La fidélité inter-juges (2 consultants formulent le même avis) de l’entretien de sélection non structuré est de 0.40. Autant dire que deux recruteurs ont moins de 50% de chance de prendre la même décision si l’entretien n’est pas structuré. On considère classiquement en psychométrie qu’une fidélité de 0.60 est le minimum.

L’entretien non structuré, qui est le plus généralement pratiqué, est donc une méthode peu valide (20% de potentiel de prédiction) et peu fidèle (40% de décision reproductible).

Autant de raisons d’avoir recours à l’entretien structuré ou encore à l’entretien situationnel. Dans les deux cas, il convient en amont de procéder à une analyse du travail permettant d’établir une grille des qualités essentielles. En anglais KSAO pour Knowledge (connaissances), Skill ( habiletés ou compétences), Aptitudes et Other (autres caractéristiques).

Nous ne manquerons pas de vous présenter dans de prochains posts, les méthodes d’analyse du travail et les caractéristiques d’un entretien structuré.

Marc Low