JOURNAL D’UNE APPRENTIE (étape 2)

STUPEUR ET ÉTONNEMENT 

« Nadège tu nous feras un rapport d’étonnement sur tes 2 premières semaines ». Un rapport de quoi ? d’étonnement ? oui bien sûr, aucun souci, c’est comme si c’était fait ! Vite, vite, Google dis-moi ce qu’est un rapport d’étonnement. 5 années d’études après le Bac et je ne sais pas ce qu’est un rapport d’étonnement. J’écris donc cet article en pensant à toutes les personnes qui se reconnaîtront dans cette «détresse», qui crient «Mayday, Mayday», ou celles qui y seront bientôt confrontées.

Toutes les entreprises ne demandent pas à leurs nouvelles recrues un rapport sur ce qui les a étonnées, surprises, interloquées, sidérées. Peut-être parce que toutes les vérités ne sont pas forcément bonnes à entendre : « vous m’aviez dit qu’il y avait une journée d’accueil ; c’est pas un open space, c’est la Gare Saint Charles aux heures de pointe ; où est la Porsche que vous m’aviez promise (bon OK, ça c’est dans mes rêves)? il fallait me prévenir que je dois porter un gilet pare-balles… ».

Forcément on doit prendre des pincettes, on ne peut pas se permettre de tout remettre en question à peine arrivé (sauf cas exceptionnels, je ne donnerais pas de nom). Un œil neuf, qui n’a pas encore été « pollué » par l’ambiance et l’organisation pourra apporter une vision franche et honnête de l’entreprise (bien qu’on se pose quand même la question « est-ce que je peux dire ça ? »).

Les sujets abordés sont variés : les relations humaines au sein de l’entreprise ou avec les clients, l’ambiance, les forces, les faiblesses, l’organisation, l’accueil, la hiérarchie… tout ce qui vous semble pertinent (excepté le fait que vous désirez un bureau plus grand, un nouvel ordinateur et une machine à café perso, pour ça attendez un peu).

Ce fameux rapport est bénéfique pour l’entreprise qui pourra, ou non, prendre en compte les remarques du « cobaye ». Il l’est également pour le nouvel arrivant qui se sentira « valorisé », libre de dire ce qu’il pense (« hé, hé, on me demande mon avis!! ») et aussi mieux intégré.

Ceci n’est pas une rédaction sur votre vie personnelle, il s’agit simplement de quelques pages, du factuel, de l’objectif, voilà ce qui est demandé. Pas besoin de se sentir une âme d’écrivain ou de croire que ce sera publié dans la newsletter de l’entreprise. Il faut aller à l’essentiel et rester pertinent. Ne pas dépasser plus de 5 pages (arrêtez-vous au premier bâillement, c’est le signal).

On retrouve souvent dans les rapports la question « si vous aviez une baguette magique que changeriez vous ? », alors là, attention à votre réponse. Si vous répondez « le PDG » ou « si j’avais une baguette magique je ne serais pas ici » ça commence mal. Un conseil ne vous emballez pas trop et pensez réalisable.

Pour mon premier rapport d’étonnement chez connect RH, j’ai choisi 10 questions que je me suis posée à moi-même (oui, on est plusieurs dans ma tête). Ce qui m’a le plus stupéfaite, étonnée (il faut bien justifier le titre) ? L’ambiance « décontractée » et l’humour (pas toujours bon mais ça je l’ai pas dit) des consultants, qu’on me dise « merci » à chaque fois que je produis quelque chose. Ce que j’ai regretté ? Même pas une corbeille pour mes papiers de bonbons (une grosse corbeille car il y en a beaucoup). L’agréable surprise ? Comment sont reçus les candidats, moi qui imaginais quelque chose de très coincé, en fait pas du tout, c’est sérieux mais pas prise de tête. La multiplicité des prestations que propose le cabinet m’a interpellée aussi, et puis je croyais qu’un consultant en recrutement avait juste besoin de feeling, c’est beaucoup plus complexe que ça finalement.

J’espère les avoir étonnés autant qu’ils m’ont étonnée. Ce rapport a été productif car j’ai pu avoir ma corbeille à papier presque instantanément mais pour la Porsche j’attends toujours… Je comprend pas.

Nadège Wartelle