Catégorie : Pensées out of the box

Triple peine

connect RH est partenaire des Trophées des Femmes de l’Economie en Provence depuis l’origine. Nous sommes plutôt fiers d’accompagner ses fondateurs dans cette démarche de récompense des femmes qui font bouger les lignes. Dans le même temps d’autres doivent se battre sur des fronts d’une violence extrême, je tiens ici à leur rendre hommage :

Nous sommes tous plus ou moins sensibilisés par les phénomènes de discrimination, liées à l’âge, à l’origine, au genre, à la religion, etc. Beaucoup de professionnels du recrutement, sous l’impulsion de leur syndicat notamment, œuvrent pour faire en sorte d’écarter les comportements discriminatoires. Au-delà du respect de l’article L121-6 du Code du Travail* certains ont des convictions très ancrées. D’autres, par pragmatisme, se disent qu’une fois retirés les femmes, les juniors, les quadras, les noms ou prénoms à consonance étrangère… le choix est limité, dans un contexte de pénurie qui plus est.

Dans le monde du travail il est souvent compliqué d’être une femme. Les freins sont nombreux du côté des discriminateurs, entre autres : l’inévitable grossesse à venir pour les plus jeunes, les problèmes de garde, la reprise après un congé parental, l’éventualité de suivi du conjoint (car c’est dans ce sens que cela fonctionne). Une fois passée la quarantaine les choses devraient s’arranger, mais on est déjà à l’orée de la séniorité avec son cortège de prétentions salariales hors normes, d’habitudes qui interdisent le formatage, de potentiels qui ne pourront plus s’exprimer puisqu’ils ne l’ont pas été jusqu’alors… Si ce n’était que cela.

En 2007, une candidate qui venait d’être retenue à l’issue de la sélection finale m’a indiqué vouloir se désister et demandé de prévenir le client qu’un cancer du sein venait de lui être diagnostiqué ; elle devait subir une intervention. Elle m’a expliqué admettre que sa candidature ne fût finalement pas retenue, surtout pour prendre la direction d’une business unit de 300 personnes. Elle doit toujours être en poste. La réaction du client fut en effet très claire : elle avait le droit d’être malade. Cas exceptionnel.

Car il est bien une réalité supplémentaire, la maladie. En France, chaque année, on dénombre par exemple 50.000 nouveaux cas de cancer du sein, soit environ 14% des cas de cancer. La maladie ne devrait jamais être honteuse, elle l’est. Et elle écarte, elle exclut. Celle-ci surtout.

Nous ne vivons pas dans un monde parfait (celui des bisounours comme on le dit bien souvent), et il n’est pas devant nous. L’entreprise a des impératifs de productivité, de rentabilité, c’est à ce prix qu’elle assure sa pérennité, donc les emplois qu’elle génère et les dividendes qu’elle verse. Personne ne peut remettre en cause ceci.

Néanmoins, à l’heure où les « valeurs de l’entreprise » sont mises en avant, parmi lesquelles bien souvent le respect, la capacité à prendre des risques, quand dans tous les discours on entend dire qu’il faut remettre l’humain au centre (mais au centre de quoi ?), cette mise à l’écart est inconvenante, et même obscène. Il me semble que nous avons tous, là aussi, un rôle à jouer pour dénoncer ces situations et accompagner au mieux les personnes touchées, sans attendre d’être personnellement concerné.

La maladie en elle-même (et encore une fois celle-ci en particulier) débouche souvent sur une mise à l’écart sociale, voire familiale (en raison de la perte d’une part de féminité, ce qui n’est pas très glorieux pour la gent masculine). De mon point de vue l’entreprise ne devrait pas ajouter encore à cette exclusion. Elle est aussi un lieu de vie, dans lequel tout le monde n’avance peut-être pas au même rythme, mais qui doit aussi savoir accompagner les (momentanément) plus faibles, ceci contribue à leur redonner de la force pour repartir et permet aux autres de donner un sens plus profond à leur engagement pour l’organisation qui les emploie.

Courage à toutes celles à qui l’on fait subir cette triple peine (féminité, séniorité et maladie) et qui doivent se battre à la fois contre les préjugés et contre la maladie. Que celles qui ont réussi à gagner ces batailles n’hésitent pas à le faire savoir, quand bien même la parole est ici difficile, elles ont vraiment valeur d’exemple. Elles.

Marc Low

*cela ne fait jamais de mal de le rappeler : « Les informations demandées, sous quelque forme que ce soit, au candidat à un emploi ou à un salarié ne peuvent avoir comme finalité que d’apprécier sa capacité à occuper l’emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles. Ces informations doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou avec l’évaluation des aptitudes professionnelles. Le candidat à un emploi ou le salarié est tenu d’y répondre de bonne foi. » Au passage, ne pas oublier non plus l’importance de la dernière phrase.

** Le risque d’apparition du cancer du sein augmente avec le vieillissement. Il double approximativement tous les 10 ans jusqu’à la ménopause.

 

Conférences des Femmes de l’Economie

Le 3 mars se tenait au siège de la Caisse d’Epargne Provence Alpes Corse – merci encore pour la qualité de l’accueil – une conférence sur la place des femmes dans les conseils d’administration, organisée par « Les Femmes de l’Economie » et connect RH en lien avec l’UPE13.

Avant d’évoquer ce moment en lui-même, je voudrais revenir sur un particularisme marseillais. De ceux qui dérangent car ils contribuent à dégrader l’image de la ville. Quand à Bordeaux ou à Lyon 150 personnes répondent positivement à l’invitation, on retrouve entre 120 et 130 participants ; à Marseille, pour paraphraser Corneille (pas le chanteur, désolé) : « nous partîmes 200 mais sans prompt renfort, nous nous vîmes à peine 120 en arrivant au port ». A peine une dizaine de personnes a eu la courtoisie de prévenir. Continuons à apporter de l’eau au moulin à ceux qui nous considèrent peu fiables.

Cette conférence réunissait donc Madame la Députée Marie-Jo Zimmermann et Madame Christine Oghly, Chef d’entreprise, VP Femmes Chef d’Entreprise (FCE) Monde, Vice-présidente du Pôle international du MEDEF, interrogées par Thierry Debaille.

Nous retrouvions notamment dans l’assistance (et sur la photo ci-dessous, de gauche à droite) : Geneviève Maillet, Bâtonnier de Marseille, Aurore Sun, Présidente FCE Marseille, moi-même, Marie-Christine Oghly, Marie-Jo Zimmermann, France Selvidès de Provence Pionnières et Denis Amblard, Président des DCF Marseille-Provence.

Lucie Depoortere, Présidente de Femmes 3000 Bouches-du-Rhône et Danièle Prieur, Présidente d’Altafemina, présentes, ne sont pas sur la photo.

J’aimerais souligner certains points et remarques entendus au cours de cette conférence. En premier lieu le fait que dans l’idée de Mme Zimmermann (de ce que j’en ai compris tout au moins) la question n’est pas d’arriver à 40% de femmes dans les conseils d’administration (CA), mais de faire en sorte de trouver un équilibre entre les genres, pour aboutir par exemple à 40% d’hommes au sein d’un CA qui serait composé de 100% de femmes à l’origine. C’est la composition historique des CA qui nous fait dire 40% de femmes. Ce qui me plaît dans cette idée c’est que sur le fond elle remet en cause la notion de quota (contre laquelle je suis, seules les compétences doivent compter) telle que nous la percevons de prime abord.

Le deuxième point que je retiens est que si dans certains cas des femmes ont pu servir d’alibi, sans aucune compétence autre que celle d’être « l’épouse de », un mouvement de professionnalisation existe. connect RH a pour vocation de s’y associer, nous y reviendrons.

Le troisième point est que l’intégration de femmes dans les CA (il faut malgré tout l’écrire comme cela puisque pour l’heure c’est dans ce sens que doivent aller les choses), mais aussi d’une manière générale plus d’ouverture, mettra fin à cette consanguinité qui pénalise in fine nos entreprises au sein desquelles dans les CA c’est tout de même souvent « je te tiens tu me tiens par la barbichette ».

Le dernier point enfin est qu’à l’écoute de la salle les vieux préjugés ont la vie dure, que ce soit chez ce quinqua qui explique que les hommes ont une vision stratégique, quand les femmes (par défaut donc) ne sont aptes qu’à gérer le quotidien, ou chez cette trentenaire qui interpelle sur le fait qu’elle doit gérer à la fois sa vie professionnelle et la tenue du foyer, j’ai entendu des « change de mari » dans la salle.

Si les vieux préjugés ont la vie dure, c’est qu’il y a encore beaucoup de travail pour continuer à faire évoluer les choses. Au sein de Syntec, nous considérons que la diversité (toutes les diversités en fait) est une chance, « et un facteur de performance » souligne Marie-Christine Oghly.

Alors au travail.

Marc Low

Test des habiletés ?

Ceci est un billet d’humour noir. Par moments on se dit qu’il vaut mieux essayer d’en rire.

On a beaucoup parlé ces derniers jours de tirs de kalachnikovs dans une cité marseillaise (celle qui a vu grandir Zizou). Je ne peux m’empêcher de m’interroger sur les capacités réelles de ces personnes qui arrivent à démonter et remonter en un temps record une arme de guerre, peut-être même les yeux fermés. J’imagine leur niveau de performance aux tests que propose Pôle Emploi qui ont pour finalité de monter un meuble suédois, les yeux ouverts. Avec un plan en plus !!

Marseille vaut tellement mieux que cela.

Marc Low

Insertion professionnelle et entrepreneuriat

Nous avons choisi de vous présenter régulièrement des entreprises ou des entrepreneurs avec lesquels nous sommes en contact en interviewant leur Dirigeant, DRH… Pour cette première nous sommes allés voir Laurent Laïk, qui dirige le groupe La Varappe depuis plus de quinze ans. Une entreprise presque comme les autres, mais qui intègre totalement la dimension sociale dans son objet. Les habitués de ce blog connaissent la sensibilité que nous avons développée sur la question. Laurent Laïk nous démontre que l’on peut être entrepreneur, libéral quand on parle de concurrence, tout en « faisant » de l’insertion.

connect RH
Laurent, vous avez reçu le prix de l’Entrepreneur social par la fondation Schwab et le Boston Consulting Groupe en 2010, dans le jury on retrouvait de grands patrons comme Franck Riboud (Danone), Jean-Paul Agon (L’Oréal), Xavier Huillard (Vinci)… Dans ce cadre, vous avez été invité au sommet de Davos… (voir ici l’interview sur BFM Business).
Qu’est-ce qu’un entrepreneur social ?
Laurent LAIK
Il y a beaucoup de définitions possibles mais pour moi, il s’agit d’un porteur de projet économiquement viable et suffisamment conséquent pour être au bénéfice du plus grand nombre en termes d’impact social. C’est ce que nous essayons de faire avec le Groupe La Varappe qui a pour objet l’insertion de personnes éloignées de l’emploi.


connect RH
Cet impact doit pouvoir être mesuré. Pouvez-vous nous donner quelques chiffres qui reflètent votre activité ?
Laurent LAIK
En 2013, nous avons mis en emploi quelques 1 600 personnes, souvent très éloignées de l’emploi.
Cette distance plus ou moins importante de la vie professionnelle, nous la traitons de manière spécifique : La Varappe est un groupe. Ça signifie que plusieurs entités le composent. Ces différentes structures sont organisées à la fois autour d’activités spécifiques et de l’éloignement à l’emploi que peut avoir un candidat.

connect RH
Parlez-nous de ces entités :
Laurent LAIK
Évolio: Cette structure s’appuie sur les chantiers ou ateliers d’insertion qui sont souvent « une porte d’entrée » vers un retour à la vie professionnelle pour les personnes très éloignées de l’emploi.
LVD Environnement intervient depuis 1992 dans la gestion d’espaces verts, le traitement des déchets, de l’eau…
Ses clients sont essentiellement des entreprises privées ou des collectivités territoriales, dans le cadre de marché publics.
LVD Énergies a été créée en 2006. Cette entreprise d’insertion s’appuie sur l’ensemble des dispositifs liés aux énergies renouvelables. Dans ce cadre, la société a installé des panneaux photovoltaïques puis a développé, depuis quelques années le projet « HOME », procédé de recyclage de containers en fin de vie.
Avec des résultats équivalents en termes d’isolement et de consommation énergétique aux normes de constructions habituelles, l’entreprise se distingue par des projets esthétiques à des coûts plus avantageux.
Les réalisations sont diverses. Elles vont de la construction d’espaces professionnels comme celui installé à l’attention de Pôle Emploi sur la place de la Joliette à Marseille ou encore comme habitats, qu’ils soient pour les étudiants, les logements sociaux ou même des résidences pour particuliers.
Eureka-Intérim : Il s’agit de la branche intérim d’insertion du Groupe qui représente 67% de son activité.

connect RH
La notion d’insertion induit des représentations négatives sur les publics considérés comme personnes à problèmes et donc peu attractives pour une entreprise.
Laurent LAIK
Il est vrai que les représentations sont fortes.
Pour autant, hormis pour Évolio qui œuvre exclusivement en faveur des candidats les plus éloignés de l’emploi, le Groupe fait peu ou pas état de sa vocation d’insertion : L’entreprise cliente doit trouver la même qualité et le même service que chez n’importe quel concurrent.
C’est la force du groupe et c’est de qui en fait son succès.
Pour le seul département des Bouches du Rhône, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros en 2013. Sa croissance était de 13%, malgré un contexte économique dégradé.

connect RH
Quel est le secret de cette réussite ?
Laurent LAIK
S’il suffisait d’avoir un secret pour réussir, les choses seraient simples !
Je préfère parler de force. Cette force, c’est d’abord le travail ! Il suffit de venir sur les sites, qu’ils soient le siège, les agences ou les chantiers pour voir, d’abord un personnel encadrant montrer l’exemple du travail, puis des collaborateurs investis dans leur mission.
Pour ces derniers, vous évoquiez ci-avant les représentations négatives qui entourent les problèmes du chômage. Après 25 années d’expérience dans l’insertion et 2 mandats de Président du CNEI (Comité National des Entreprises d’Insertion), je peux rapporter que la majorité des personnes en recherche d’emploi et en situation de précarité aspire à une vie professionnelle réussie.
Personne ne recherche la précarité ! C’est le manque d’opportunité d’emplois qui provoque cette rupture et le drame social du chômage !
S’il faut parler de force, la nôtre réside sans doute dans la recherche de l’innovation, l’entreprenariat au sens pur du terme et la capacité de se réinventer.
Nous pourrions nous satisfaire de nos résultats qui inscrivent aujourd’hui le Groupe La Varappe dans le TOP 10 des entreprises d’insertion en France.
Nous avons choisi d’adapter sans cesse notre projet et de prendre des risques.

connect RH
Les risques ne sont-ils pas partagés par les collectivités diverses qui financent le groupe par le biais de subventions ?
Laurent LAIK
Nous bénéficions, comme n’importe quelle entreprise des aides à l’embauche, des marchés publics.
Nous percevons pour la partie associative quelques subventions qui n’excèdent pas au total 10 % de notre chiffre d’affaires.
Nous sommes une entreprise comme n’importe quelle entreprise qui a des clients et des salariés.

connect RH
L’insertion est un métier. Comment pratiquez-vous le vôtre pour avoir de tels résultats ?
Laurent LAIK
Nous avons choisi d’avoir un plateau technique réduit et efficace.
Nous investissons essentiellement dans un corps d’accompagnants experts en insertion. Nous avons un Service RH Insertion dédié. L’articulation de ces compétences autour de véritables parcours d’insertion garantit nos bons résultats.

connect RH
Quels sont vos projets pour aujourd’hui et demain ?
Laurent LAIK
Ils sont nombreux… rires…
Nous avons mis en place avec La Politique de la Ville de Marseille un projet dit « Circuit Court ». Dans ce cadre, nous organisons des permanences collaboratives avec d’autres structures dans les quartiers de Marseille où le chômage est élevé avec pour objectif de « raccrocher » les personnes hors dispositif et de les positionner sur un emploi direct ou par le biais de l’intérim en nous appuyant sur le projet L2. La première phase est un succès bien que perfectible.
Nous cherchons également à développer notre réseau d’entreprises clientes (350 à ce jour) en répondant à leur problématique de besoin en ressource humaine.
Nous leur offrons l’opportunité de devenir elles aussi des acteurs sociaux et de s’inscrire dans un projet RSE.

connect RH
L’entreprise, acteur social ? Expliquez-nous !
Laurent LAIK
Notre relation privilégiée avec les Entreprises et Syndicats d’employeurs nous permet de constater qu’il y a chez la plupart des dirigeants un entrepreneur social. L’exemple du patron de ZARA qui recrute 10 % de ses effectifs parmi les plus démunis, y compris des SDF en est un…
Si on parle de préjugés et représentations négatives, celle du mauvais employeur est également très présente.
Notre proximité avec le monde de l’entreprise nous permet de constater que l’engagement est fort pour l’emploi du côté des recruteurs. Les quelques 3 millions de personnes inscrites au chômage représentent une véritable richesse et un vrai enjeu pour la productivité et l’économie de notre pays.

connect RH
Comment expliquez-vous justement l’éloignement qui existe entre les employeurs et les personnes en recherche d’emploi ?
Laurent LAIK
Je n’explique rien. Ce n’est pas mon métier !
J’entreprends !
Cette entreprise se concrétisera d’ici à la fin de l’année par l’ouverture d’une première agence de travail… au cœur du métro Marseillais, sur Castellane.
La RTM libère son espace d’accueil. Nous allons nous y implanter une plateforme d’accueil pour y sourcer des candidats au profit de nos propres entreprises mais aussi pour le compte de nos entreprises clientes.
Le concept « Emploi et Mobilité » imaginé avec la RTM est un message fort pour réduire l’éloignement de l’emploi.
Derrière cet espace de primo accueil que nous voulons dupliquer sur d’autres stations nous entendons créer un espace de traitement des candidatures. Nous recherchons des collaborations avec les partenaires, la cité des métiers, les entreprises…
En fin de compte, peut-être que Marseille n’est pas un problème. C’est tout simplement un enjeu !

Interview dans Carrières Magazine

Cadremploi, en partenariat avec Le Figaro Économie, vient de sortir le premier numéro de Carrières Magazine. Un spécial Méditerranée édité (et accessible en ligne prochainement), sous la forte impulsion de Stéphane Aucoin, son Responsable régional. Je le cite ici, afin de mettre à mal (en toute amitié) sa modestie, mais aussi pour souligner le travail de fond qu’il a réalisé pour ce supplément et donc son implication pour ce territoire qui m’est cher.

Dans ce numéro vous pourrez retrouver les atouts de la Région, les filières économiques qui la font avancer, un état des lieux du marché de l’emploi et des présentations d’entreprises. Cette somme représente un très bel outil pour découvrir l’Économie de PACA. J’ai eu le plaisir d’y être interviewé (page 29).

 

Difficile en une trentaine de lignes de retrouver 30 minutes d’interview. Les entreprises peinent à recruter en PACA au-delà de la problématique du foncier et du Marseille bashing, dans l’entretien j’ai aussi fait référence à des questions abordées lors de la présentation du baromètre IFOP (voir billet précédent).

Ce que je tiens à rappeler ici est que notre région est bien plus dynamique (et la lecture du magazine le démontre clairement) que l’image que beaucoup en ont. Oui nous avons le plaisir et l’honneur d’avoir ITER, merci à CMA CGM d’être un aussi bon booster d’image et un tel employeur à Marseille, mais à côté de la Tour éponyme, n’oublions pas la Skyline qui est en train d’être construite, intéressons-nous au projet Henri Fabre, où se prépare l’Aéronautique de demain, le développement de l’hôtellerie de luxe et les congrès (à Marseille le Sofitel et ses nouveaux aménagements, l’Intercontinental qui sublime le Vieux Port, à Aix le Renaissance), l’Industrie qui démontre des capacités d’adaptation auxquelles peu croyaient (ou ont envie de croire, c’est tellement plus facile de se plaindre), la Croisière (le siège de Ponant est à Marseille), des jeunes créateurs de Mode de plus en

plus reconnus… La liste est longue de tout ce qui rend ce territoire attractif.

Tous les voyants ne sont pas au vert bien évidemment, beaucoup reste à régler, mais depuis mon arrivée à Marseille il y a bientôt 30 ans, j’ai rarement senti autant de volonté de fédérer les énergies que depuis deux ou trois ans. Si la place manquait sur la page, l’enthousiasme déborde. Il nous appartient, à tous ceux qui font ce territoire, de développer toutes les opportunités qu’il offre, pour mieux accueillir les entreprises et les salariés qui contribueront à le faire demain à nos côtés.


Marc Low

PS : j’écris un billet comme celui-ci d’un trait. A sa relecture il semble qu’il s’agisse encore d’un billet militant. J’assume.

Emplois qualifiés, des solutions existent

Malgré de nombreuses absences parmi les inscrits, près de 70 personnes ont assisté le 16 octobre à la présentation de l’étude ÉVOLUTION ET TENDANCE DU MARCHÉ DE L’EMPLOI réalisée par l’IFOP pour Cadremploi et qui se déroulait pour la première fois en douze ans à Marseille. Au nom de Syntec Conseil en Recrutement (SCR) j’ai eu le plaisir d’organiser cet événement avec les équipes de Cadremploi et celles de l’UPE13 qui nous accueillait en ses locaux, Place des Entreprises.

Après une introduction de bienvenue de Madame Elisabeth Coquet-Reinier, Vice-Présidente de l’UPE13 en charge des questions liées à l’emploi et une synthétique (une minute !) présentation de SCR par moi-même, Pierre Jeambar et Stéphane Aucoin de FigaroClassifieds nous ont présenté l’étude.

Une table ronde suivait cette présentation, animée avec une belle dynamique par Sylvia Di Pasquale, Rédactrice en Chef de Cadremploi.

Fernanda Alonso-Gautrais, DRH de Voyage Privé, Thierry Billion, Senior VP – HR de CMA CGM, François-Joseph Viallon, Président de StarDust, et moi-même en étions les intervenants.

Les freins au recrutement ont bien évidemment été évoqués, avec un focus régional sur le Marseille bashing actuel qui a permis de rappeler la campagne lancée la semaine dernière (voir mon précédent billet), mais aussi le manque d’école internationale ou de crèches, le coût des loyers, etc., le soleil 300 jours par an ne fait pas tout. Au cours de la discussion Thierry Billion et François-Joseph Viallon ont tout de même un peu « recadré » les choses en rappelant que, sur un territoire ouvert comme le nôtre, pour un chinois ou un américain, Paris, Marseille, c’est en France, donc la même chose.

A l’écoute des divers intervenants il est clair que des solutions existent pour rendre nos entreprises plus attractives, le concept de marque employeur a évidemment été mis en avant, « à condition que la promesse soient tenue » souligne, et même insiste, Fernanda Alonso-Gautrais qui nous avait déjà fait l’honneur d’être le grand témoin du dernier petit déjeuner de connect RH en juillet sur ce thème justement. Rien de pire en effet que ce décalage entre ce qui est vendu au candidat et la réalité qu’il découvre, notamment à l’heure d’une « utilisation croissante des réseaux sociaux » remarque Thierry Billion. Ce dernier note aussi l’importance de savoir conserver ses talents et de suivre de près des indicateurs comme le turn over (3,5% chez CMA CGM) ou le taux d’absentéisme (2,8% chez le transporteur maritime). François-Joseph Viallon, qui dirige une start up dont la croissance annuelle des effectifs est de 100%, insiste lui sur la nécessité de « partager les succès », plus facile à réaliser dans une structure de 32 collaborateurs que dans un groupe de 20.000, quoique… L’idée est que tout ce qui peut renforcer la fierté d’appartenance en interne est bon pour le recrutement de talents externes. L’un des résultats de l’enquête réalisée localement* montre pourtant que la moitié des entreprises ne font rien de particulier pour chercher à attirer les candidats de qualité (et pourtant 90% d’entre elles éprouvent des difficultés et 40% ont déjà abandonné un recrutement).

J’ai conclu ces 45 minutes de débats en soulignant la dynamique du territoire et de sa représentation économique, qui sait aller au-delà de la contrainte « d’un temps politique qui n’est pas le même ». Les solutions existent, elles sont en grande partie à développer au sein même des entreprises. Ces échanges furent très riches – je ne peux les retranscrire ici dans leur globalité -, ils représentent aussi le début d’une réflexion à poursuivre.

         

Le mot de la fin fut pour Gabriel Descat, Directeur général de l’UPE13, qui a rappelé l’engagement de son organisation pour l’emploi. La Place des Entreprises était donc the place to be ce jeudi, de nombreux contacts ont aussi été pris entre les participants. Avec cette manifestation et l’accueil très positif qu’elle a reçue, l’idée pour ses organisateurs est maintenant de poursuivre la dynamique créée autour de la question. D’autres événements sont donc à prévoir. A suivre…

Marc Low

* Pour préparer cette matinée, nous avions préalablement interrogé les Chefs d’entreprise et DRH des Bouches-du-Rhône sur les difficultés qu’ils éprouvaient pour trouver des talents. Il est évident qu’avec 51 entreprises répondantes seulement cette enquête ne peut avoir de valeur statistique. Il s’agit donc juste d’une indication.

Insertion

En complément de mon article de février (voir ici), et à nouveau parce qu’un (joli) dessin vaut mieux qu’un long discours, voici très concrètement les résultats obtenus par « 100 chances – 100 emplois », association qui a pour objectif d’aider des jeunes issus de Zones Urbaines Sensibles à trouver des solutions vers l’emploi.

75% de sorties positives, parmi lesquelles 17% en CDI. Sans que cela ne coûte un centime de plus à la collectivité ! Parmi ces jeunes, de très belles personnalités, de vrais talents, qui n’avaient besoin que d’un coup de pouce pour avancer. D’autres pour lesquels cela est plus compliqué, d’autres enfin qui décrochent, c’est aussi vrai.

Ceci démontre néanmoins que dans la majorité des cas la solution est bien dans les entreprises. C’est par l’engagement de toutes celles qui contribuent à ce projet que les choses avancent, sans grand discours, sans agitation. Merci encore à Didier Coulomb de Schneider Electric d’avoir initié cette aventure. De nombreuses entreprises y participent, je vous propose aussi de faire en sorte que nous n’en soyons qu’au début, en participant à ce travail. Si  le Groupe des Eaux de Marseille, Saint Gobain, Leroy Merlin, Vinci Construction, Dalkia, Adecco, Bureau Veritas, EDF, AG2R La Mondiale, SNEF, j’en oublie, sont là, pourquoi pas vous ?

Marc Low

www.100 chances-100 emplois.org

Un consultant devrait être sans idée

Ce bon vieux Maître Kong

En exergue de ma thèse j’avais paraphrasé le titre d’un livre du sinologue et philosophe François Jullien : « Un sage est sans idée ». C’est ce qu’il était dit de Confucius, signifiant par là que, n’ayant pas d’idée préconçue, il était ouvert à tous les possibles. Ceci marque ainsi une différence profonde entre la philosophie grecque et la sagesse chinoise, thème central de l’ouvrage*.

Quel rapport avec le consultant ?

Nous n’avons pas vocation à nous poser en Sage, en Être accompli, comme le traduit Cyril Javary, ou en Saint, comme le traduisaient les jésuites. Néanmoins lorsque nous faisons passer un entretien nous devrions réfléchir sur cette approche. Combien de fois entend-on que la première impression est la bonne, qu’une poignée de mains suffit pour jauger une personne, qu’en quelques minutes une opinion est faite ?

Quand nous démarrons un entretien chez connect RH, nous avons sous les yeux les résultats d’un questionnaire sur les comportements au travail, ceux de tests d’aptitudes, d’autres éventuellement. Tout ce qui permet à beaucoup – sans  évoquer les ressentis – de dire si le candidat convient au poste, ou pas. D’ailleurs combien de candidats sont (sur le fond) éliminés avant même d’avoir rencontré un consultant ?

Nous nous refusons à préjuger, nous essayons d’être sans idée (préconçue) face à notre interlocuteur. L’entretien, non directif, qui consiste à poser la sempiternelle question « parlez-moi de vous » (dans une autre vie, alors que j’étais candidat, mon interlocuteur m’invita à m’asseoir et me dit : « alors ? », une heure après il n’avait quasiment rien dit de plus et j’étais recruté) permet de voir défiler le temps, mais n’apporte rien de plus que les éléments déjà connus. L’entretien trop directif laisse au final peu de place à une écoute active et donc à une capacité de réaction. Dans les deux cas le candidat qui a « bien appris sa leçon » amène le consultant à entendre ce qu’il a envie d’entendre. Intellectuellement la situation est sans doute confortable pour tout le monde.

Il faut donc trouver un juste milieu, ou pour reprendre cette référence à la sagesse chinoise « un milieu juste », qui a pour particularité de ne pas se trouver au milieu, mais là où il est le plus approprié entre les deux extrémités d’un segment en fonction du moment et des événements (et certains se demandent encore pourquoi la Chine, Empire du Milieu, dominera le monde dans 30 ans !). L’entretien structuré auquel nous faisons régulièrement référence permet cette souplesse, certaines questions sont incontournables, et les mêmes pour tous les candidats, d’autres évoluent en fonction des réflexions menées avec le candidat sur les résultats de tests. Toutes sont précises, elles nous ramènent à l’expérience concrète, au vécu : « donnez-moi un exemple dans votre parcours », « dans cette situation comment avez-vous réagi ? », « quel fut le résultat de cette action ? », « que pouvez-vous tirer de positif de cette période ? » … Les réponses nourrissent la réflexion, suscitent d’autres questions, si elles sont trop évasives on a le droit de revenir à la charge. Le fait de ne pas avoir d’a priori permet véritablement d’approfondir le travail de recherche.

Les devins

La posture de celui qui sait à l’avance, on l’appelle aussi devin, rassure celui qui la prend, « avec l’expérience on sait rapidement à qui on a à faire ». Avec l’expérience on devrait surtout apprendre à ne pas s’enfermer dans des schémas trop simples, à se remettre en question et à tirer les bonnes conclusions de ses erreurs. Mais peut-être que certains n’en font jamais, à se demander s’ils ne boivent du café à longueur de journée que pour se fournir en marc.

Ce type d’entretien est certes moins confortable. Il est aussi bien plus stimulant. Il offre surtout plus de cohérence dans les décisions (voir le post du 27 mai 2014). Nous continuerons donc à ne pas avoir d’idées (préconçues) pour tenter de nous ouvrir à tous les possibles.

Marc Low

* Un sage est sans idée : Ou l’autre de la philosophie

 

Vous avez dit Qualité ?

Jusqu’à présent je n’ai pas rencontré de prestataire de service qui ne prétendait pas faire de la Qualité (notez le « q » majuscule). Peut-être en avez-vous eu l’occasion.

Comment s’y retrouver quand on est client ?

Avant de choisir un restaurant vous allez voir sur cityvox ce qu’en disent les consommateurs, sur tripadvisor pour un hôtel. Vous lisez les avis de clients avant d’acheter un aspirateur sur darty.com. Vous ne lisez plus les critiques de cinéma mais vous regardez le nombre d’étoiles qu’accordent les spectateurs sur allocine.fr, etc.

Alors pourquoi avant de choisir un prestataire n’allez-vous pas interroger ceux qu’il prétend être ses clients ? A Marseille presque tous les cabinets vous diront qu’ils travaillent avec CMA CGM et Eurocopter, deux des plus grands groupes locaux. Cela pose son consultant n’est-ce pas ? Très bien. Demandez-leur qui vous pouvez appeler au sein de ces entreprises (et d’autres) pour prendre des références. Vous le faites bien pour les candidats que vous recrutez. Vous commencerez alors à distinguer les spécialistes du one shot, et ceux/celles qui mettent en place des collaborations dans la durée.

De la même manière vous demandez les diplômes des candidats, en toute logique. Demandez-vous ceux des consultants ? Et puisque ces derniers utilisent des outils demandez-leur aussi comment ils les ont choisi, ce qu’ils mesurent, en quoi ils sont importants pour la mission (dans une autre vie j’ai passé un test de Raisonnement mécanique pour un poste de Directeur des achats dans la distribution, étalonné en outre sur un niveau CAP à Bac !), mais aussi s’ils ont été formés et s’ils sont certifiés. Vous aurez des surprises. Vous en aurez d’autant plus que vous verrez que le cadre légal n’est pas respecté. Ce n’est pas grave, cela n’engage que vous et votre société.

Oui, mais l’expérience tout de même

Certains vous diront que leur expérience vaut tous les outils et qu’ils n’en ont pas besoin. Nous sommes tous de si bons professionnels. Nous le sommes tellement que la probabilité pour que deux consultants formulent le même avis, sur la base d’un entretien non-structuré, est de 40% !

L’entretien de sélection-recrutement a une validité (prédiction de la performance professionnelle) de 0.20 à 0.57 selon qu’il est non-structuré ou totalement structuré*. Cela fait quand même entre 20% et 57% de chance de ne pas se planter vous diront les optimistes.

Peut-être serait-il pertinent de s’intéresser à la façon dont sont menés les entretiens. Peut-être.

Conclusion

L’appartenance à un syndicat professionnel n’est pas un gage de qualité (serais-je en train de me tirer une balle dans le pied ?), la signature d’une Charte non plus (dans les deux pieds ?), et même l’obtention d’une norme (ISO, AFNOR) ne l’est pas forcément (je connais certain cabinet normé dont les consultants ne sont pas habilités à faire passer les tests auxquels ils soumettent les candidats).

Le marché du conseil en recrutement est un tout petit marché, d’à peine plus de 500 M€, avec 80 à 90% des 1.500 cabinets qui sont des microstructures réalisant moins de 100.000 € de chiffre d’affaires. Dirigeant(e)s, DRH, êtes-vous certain(e) d’avoir à faire à un(e) professionnel(le) qui a véritablement les moyens de ce qu’il/elle vous promet ?

Ce n’est pas important sur le fond. Qu’est ce qui est en cause, quelques milliers d’euros ? L’avenir d’un collaborateur ? Celui d’une équipe ? De votre entreprise ?

Marc Low

* Merci à Jean-Pierre Rolland, Professor emeritus (Psychology), pour ces données.

 

Economie Sociale et Solidaire

Dans les engagements  du cabinet nous avons inscrit notre volonté d’accompagner des structures d’insertion par l’économique. De quoi parle-t-on et pourquoi ?

Loin de l’emploi

Derrière les chiffres dont nous sommes abreuvés : nombre de chômeurs, de personnes dans la précarité, de mal-logés, de sans-abris… il y a des individus. Avec parfois des problématiques qui les éloignent de l’emploi : formation, logement, alcool, autres addictions… Ne jamais porter de jugement sur ces personnes, parmi elles on compte aussi des cadres qui se sont retrouvés au chômage après la fermeture de leur entreprise, cette situation a entraîné un divorce, suivi d’une addiction aux anxiolytiques et/ou à l’alcool… Le cercle on ne peut plus vicieux. Cela arrive aussi.

Les entreprises d’insertion par l’économique ont pour objectif d’aider ces personnes à (re)trouver  le chemin de l’emploi. Dans le cadre d’un contrat spécifique elles vont apprendre un métier (souvent l’entretien d’espaces verts, dans le BTP, la restauration…), mais aussi (et surtout) les règles de vie de l’entreprise : arriver à l’heure, dire bonjour, respecter les autres, etc. des bases oubliées ou jamais mises en œuvre. Ces contrats sont très encadrés, ils bénéficient d’aides publiques et ne doivent pas fausser les règles de la concurrence, des objectifs sont fixés en termes de solutions pérennes (sortie vers un CDI, un CDD de longue durée, une formation…). Vous pourrez trouver des informations bien plus complètes sur le site du Comité National des Entreprises d’Insertion.

17 années d’engagement

En 1997 l’entreprise que je venais de quitter, Darty, était très engagée auprès d’un réseau d’entreprises de ce type : ENVIE (pour Entreprise Nouvelle Vers l’Insertion par l’Economique). Son ancien Dirigeant, Philippe Francès,  était d’ailleurs l’un des fondateurs de la Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE) en 1993. J’ai rejoint le réseau ENVIE pour développer un projet de récupération des déchets électriques et électroniques en fin de vie afin de les dépolluer (métaux lourds), d’en extraire la matière valorisable (or, cuivre…) et d’envoyer en déchetterie ultime ce qui devait/pouvait l’être. Trop tôt en termes de marché. D’autres ont très bien réussi depuis.

Depuis cette époque et malgré un parcours professionnel qui m’en a éloigné, je suis resté impliqué dans ces activités.

Dans la vraie vie

En créant connect RH j’ai donc voulu inscrire le cabinet tout entier dans cette voie. C’est ainsi que nous sommes partenaires à Marseille de l’initiative 100 chances – 100 emplois. Créée sous l’impulsion de la Fondation Schneider Electric, l’association a pour objectif d’aider des jeunes de 18 à 30 ans, issus de Zones Urbaines Sensibles et exprimant très clairement leurs motivations à bénéficier d’un parcours personnalisé d’insertion professionnelle. Le site présente très clairement le dispositif. A Marseille, sur 92 jeunes suivis, 50 sont aujourd’hui en emploi ou en formation. On est ici dans le concret, dans le réel.

Traditionnellement les cabinets de recrutement suivent, sélectionnent, accompagnent, des populations de cadres (ou futurs cadres). Sur le plan économique cela est totalement justifié, les entreprises investissent sur ces profils. C’est le cœur de métier de connect RH. Ce que nous aimons faire, beaucoup témoignent que nous le faisons bien d’ailleurs. Cela laisse peu de temps dans une semaine de travail.

Contrairement aux autres  entreprises de cette initiative (Eaux de Marseille, Leroy Merlin, Vinci, Saint Gobain, AG2R La Mondiale, EDF…) nous ne pouvons pas apporter de solution de stage, de formation en alternance ou de CDI à ces jeunes. En revanche nous pouvons leur apporter notre savoir-faire en termes d’entretien de recrutement, de rédaction de CV. Nous pouvons les guider vers notre propre réseau. Nous pouvons les préparer à la veille d’un entretien de recrutement. Là aussi nous sommes dans le concret.

Apporter sa pierre à l’édifice

Il ne s’agit pas de se faire du bien en faisant du bien, de s’acheter une bonne conscience. Nous sommes juste comme le colibri qui apporte sa contribution à la lutte contre l’incendie de forêt avec ses deux gouttes d’eau dans le bec. Il s’agit d’apporter ses compétences à des personnes qui ne peuvent en bénéficier habituellement. Il s’agit d’être dans l’action, et dans celle qui fonctionne, qui ne mobilise pas des fonds publics à perte dans le seul but de rappeler avant les élections combien on a dépensé (Mesdames, Messieurs les politiques, je vous salue).

Contribuer à trouver des solutions pour 50 jeunes à Marseille (ce n’est qu’un début) c’est contribuer à donner de l’espoir à bien d’autres. Ces jeunes sont très motivés, ils démontrent qu’en ne cédant pas à la facilité d’aller se plaindre, qu’en refusant d’être toujours en demande sans rien donner en échange, qu’en exprimant une motivation forte, on peut avancer. Ces jeunes peuvent être des exemples. Il nous appartient donc à tous de les accompagner, d’entretenir cette flamme qui est encore allumée en eux. Avons-nous le droit, chacun à son niveau et avec ses moyens, de ne pas agir ? De mon point de vue, non.

Join us !

Ceci répond à la question de savoir pourquoi cet engagement. Ce billet a aussi pour vocation d’inviter celles et ceux qui auraient envie de se sentir concernés à rejoindre des initiatives comme 100 chances – 100 emplois. Que des entreprises comme celles citées, auxquelles on peut ajouter Adecco, la Société Générale, SNEF, Pigier – pardon à celles que j’oublie –, s’impliquent dans un tel projet en démontre le bien-fondé. Je suis à la disposition de celles qui souhaiteraient en savoir plus sur la question.

Marc Low

PS : après l’éthique dans le recrutement, du bon usage des tests, l’exclusion des femmes atteintes de cancer, etc., encore un billet militant. Il est totalement assumé. C’est pour cela que nous avons créé sur ce blog une rubrique « pensées out of the box ».